Legende ancienne et conte moderne. (Parana, Argentine)

Lors de notre rencontre avec les eleves de l’ecole Normale de Parana, en Argentine, nous avons pu entendre deux histoires tres interessantes. La premiere remonte au 16e siecle : cette legende relate de quelle maniere se sont formes les thermes de Cacheuta. La seconde est un conte moderne, le Dailan Kifki, ecrit par María Elena Walsh, en 1966.

La legende de Cacheuta

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Notre histoire se déroule il y a fort longtemps, en 1532, lorsque Atahualpa s’autoproclama Grand Inca, et décida de marcher sur Cuzco pour prendre le pouvoir à la tête de l’empire. De sanglantes batailles furent nécessaires pour atteindre ce but, mais sa ténacité l’amena à diriger le peuple inca.
Ce ne fut pas une simple affaire, car au même moment, les Espagnols, mieux armés et entraînés, commençaient à conquérir ces territoires. Malgré les mises en garde, l’Inca décida de partir à leur rencontre, et cela causa sa perte. Il fut fait prisonnier, et la rançon réclamée était énorme : Ils demandèrent trois maisons remplies à ras bord d’or et d’argent. La nouvelle se répandit : les messagers se rendirent à toute vitesse à travers tout l’empire pour réunir la rançon demandée par les Espagnols.
L’un d’eux se rendit dans la vallée de Huentota, terre du chef Cacheuta, où se situe la ville de Mendoza. Le messager lui conta en détails la situation dans laquelle se trouvait Atahualpa, et lui répéta vivement qu’il lui fallait aider le Grand Inca, fils d’Inti, le dieu du Soleil. Cacheuta accepta immédiatement d’apporter son aide à sa libération. Pour cela, il convoqua tous les habitants du village, et il leur commanda de délivrer tout l’or et l’argent qu’ils possédaient. Il ordonna aussi à ses meilleurs guerriers de se préparer afin de protéger ce trésor jusqu’à ce qu’ils le délivrent aux Espagnols. Un fois cela fait, Cacheuta en tête, ils se mirent en route. Le chemin était difficile et escarpé, mais le groupe savait que le temps était compté, et avançait vaillamment à travers les Andes. Ils marchèrent toute la journée, jusque tard dans la nuit, avant de s’arrêter dans un défilé étroit. La, ils attendirent le retour d’un éclaireur, tandis que les nuages et le froid annonçaient l’arrivée imminente de la neige. Il revint en toute hâte avec de mauvaises nouvelles : un grand nombre d’ennemis armés était regroupé un peu plus en avant, prêt à les attaquer. Cacheuta l’écouta en silence, essayant de repousser l’idée qu’ils avaient été trahis. Face au danger, Cacheuta ordonna que l’on cache le tresor, tandis que la clameur des ennemis se faisait de plus en plus claire.
Enfin, ils n’eurent plus le choix et firent face à une armée qui les surpassait en nombre.
Le combat fut violent et sanglant, les hommes tombaient sous les coups de part et d’autre. Les guerriers de Cacheuta furent décimés sans pitié, malgré leur courage. Néanmoins, ils causèrent de grandes pertes dans les lignes ennemies. A l’aube, les guerriers ennemis qui étaient encore debout se mirent en quête du trésor, et le trouvèrent aisément. Tandis qu’ils tentaient de décider de quelle manière se partager le butin, un événement inattendu les surprit, ne leur laissant aucune issue pour se sauver. Tout d’abord, ils entendirent un bruit étrange; puis d’immenses jets d’eau bouillante, accompagnés de vapeur brûlante surgirent entre les pierres, et les encerclèrent. Les ennemis furent noyés et brûlés en un instant.
La légende dit que ce fut le fantôme de Cacheuta, furieux de n’avoir pas pu accomplir sa mission, qui fit bouillir les eaux du défilé. Depuis ce jour, il est dit que les eaux de Cacheuta ont le pouvoir d’alléger les maux, car elles naquirent dans un esprit de coopération, d’alliance entre les villages pour obtenir leur liberté.

Le Dailan Kifki

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Le Dailan Kifki est un elephant, qui, un jour, debarque sans prevenir devant la porte de la jeune protagoniste du conte, a Buenos Aires. Et cela va, etonnement, bouleverser sa vie et celle de sa famille, les entrainant dans de multiples aventures parfois absurdes, parfois problematiques, souvent comiques, que tous devront resoudre ensemble, avec l’aide de personnages secondaires attendrissants.

Il m’est difficile de rentrer plus en avant dans le detail du recit, les peripeties s’accumulant au cours des 48 chapitres (et le groupe racontant cette histoire ayant ete coupe par ses camarades lors de la session…). Si vous souhaitez en lire un peu plus, la totalite de l’histoire (en espagnol seulement) peut se trouver sur internet : par exemple, vous pouvez decouvrir l’ensemble des chapitres dans les archives d’un blog, entre Mai 2011 et Decembre 2011. Il vous suffit de parcourir les articles de cette periode pour trouver les diverses parties du conte, scannees, avec les illustrations accompagnant le recit.

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Il m’a donc paru interessant de voir que les enfants ont choisi ces deux recits: le premier est une legende ancienne remontant aux Incas, etiologique, expliquant l’origine d’un phenomene naturel, qui rappelle les mythes greco-romains; quant au second, conte moderne, il est lui aussi ancre dans la culture argentine, melant fantaisie et vie quotidienne d’une famille vivant dans la capitale au XXe siecle. La tradition du conte evolue et se perpetue, les themes changeant suivant les epoque, mais l’importance du recit restant egale.

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Desolee, je suis sur un ordinateur sans accent, ni correcteur orthographique en francais…

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Buenos Aires, l’endormie

Ça y est, nous sommes parties, et cela fait déjà cinq jours que nous nous promenons à Buenos Aires. Demain, nous partons pour le Nord, et même le Brésil : 17 heures de bus nous attendent ! Il est temps de vous parler un peu de notre première étape.

Je n’avais aucune idée préconçue sur la capitale argentine. Je savais que la ville était grande (en vérité, c’est immense : on a bien du marcher 25 bornes depuis vendredi !), mais c’est à peu près tout. Quelques images en tête, des maisons colorées, des églises, un style architectural particulier, rien de plus.

Alors, qu’est-ce que Buenos Aires nous a réservé ? Beaucoup de pluie, pour commencer. L’arrivée, après nos 17 heures d’avion, s’est faite sous une averse qui ne s’est arrêtée que dimanche. C’est donc humides que nous sommes arrivées chez nos hôtes à Liniers, trois jeunes femmes très accueillantes, après un trajet en bus chaotique et une petite demi-heure d’errance pour trouver la maison. La pluie ne nous a pas arrêtées pour autant, et nous voilà partie pour el Centro. Bon, on doit avouer, nous avons mis quelques jours à apprivoiser le système de bus : on ne sait pas par où chaque ligne passe, on ne sait pas où il faut descendre (d’ailleurs, en vol, vu le temps d’arrêt minimal à chaque stop !) … Mais nous avons toujours retrouvé le chemin de la maison !

Donc vendredi, un petit tour en centre-ville, vers la plaza de Mayo : nous avons vraiment été frappées par l’architecture variée, et surtout le sentiment de splendeur passée qui se dégage des bâtiments. La ville paraît s’être oubliée dans les année 50.
Samedi, nous sommes descendues dans San Telmo, quartier plein de charme, avec ses antiquaires, ses bâtiments anciens typiques de Buenos Aires. Le soir, nos hôtes nous ont sorties : Erika a ainsi été initiée aux joies du billard ! Un peu d’entrainement, et elle battra tout le monde.
Dimanche, descente de la calle Defensa – en plein marché aux puces, en direction de la Boca et du célèbre Caminito : ce quartier pauvre, constitué de maisons de tôle, est le plus coloré de la ville. Les habitants ont peint tout le quartier de couleurs vives, afin d’y apporter un peu de gaité. Et effectivement, sous le soleil enfin là, le coin ressemble à une bonbonnière !

Pour nous reposer de cette longue marche, nous avons sauté dans un bus (le bon, et dans la bonne direction), pour aller nous allonger dans un des parcs de Palermo.
Lundi, nous avons parcouru nos 8/9 kilomètres, de Palermo à la Recoleta, pour y visiter le cimetière – où repose Evita – et le centro cultural (présentant des expos photos intéressantes), avant de remonter vers le MALBA, musée d’art moderne où nous avons pu découvrir des artistes comme Victor Grippo (passionné par la pomme de terre) ou Bryce (l’homme le plus productif du moment au vu des centaines d’oeuvres exposées!).


Et aujourd’hui, mardi, nous sommes parties en quête d’un ukulele : idée un peu folle, mais des envies de musique … Nous l’avons trouvé : il se nomme Jimi H. Erika m’apprendra à en jouer ! Ah, et on a failli visiter le Congreso Nacional. Malheureusement, nous n’avons pu en voir qu’une salle, le gouvernement étant apparemment très occupé en ce moment.

Ces premiers jours furent épuisants : la marche, les visites, l’hiver et donc la nuit qui tombe à 19:00, la langue (rhhaaa, je comprends ce qu’on me dit, mais je peine à baragouiner un semblant de réponse en espagnol … On va dire que ça s’améliorera.), tout cela nous fatigue bien. Mais nous avons finalement pris quelques automatismes, comme avoir toujours de la monnaie sur soi pour les bus, manger des empanadas à tout va, faire nos courses au Carrefour du coin, discuter philosophie avec Fernanda … Bref, on visite, on discute et on mange. Ça pourrait être pire !

Si vous voulez lire le compte-rendu d’Erika et admirer quelques autres photos, faites un tour sur la version anglaise du blog !

À bientôt pour notre prochaine étape !

It’s the final countdown.

Dans deux semaines, exactement, à peu près à cette heure-ci, nous serons là :

Ca devrait aller. =)

En attendant, je profite de l’été à la campagne : je course les chats, je perds au tennis contre mes parents, je prépare mon week-end … La vie est encore relativement normale quoi. Bon ce n’est pas tout, nous recherchons activement des hôtes prêts à nous accueillir (gentiment) en Amérique du Sud, des écoles dans les pays où nous n’en avons pas encore, et nous terminons les dernières illustrations. Et surtout, on-ne-panique-pas.

Tout va bien. Très bien même : dans deux semaines, nous partons !

PS : je vous l’accorde, le titre était facile … Mais on ne va pas dire non à la bande-son ! 😉

Argentina !

Ce que nous comptons voir en Argentine, entre le 16 Août et le 20 Septembre (plus ou moins …). Bien évidemment, rien n’est gravé dans le marbre, nous pouvons suivre conseils et coups de coeur et finir par arriver ailleurs !

Nous visiterons Buenos Aires, puis descendrons – en bus – vers Puerto Madryn et la péninsule Valdès (pleine d’animaux cool – des manchots – et peut-être que nous pourrons voir des baleines, si on a de la chance !). Après, retour à Buenos Aires – en bus, avant de partir vers le nord – en … bus, pour nous arrêter à Salta et parcourir la région environnante. Enfin, direction la Bolivie, l’étape suivante. A la prochaine !