L’exposition : l’Amérique du Sud

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Legende ancienne et conte moderne. (Parana, Argentine)

Lors de notre rencontre avec les eleves de l’ecole Normale de Parana, en Argentine, nous avons pu entendre deux histoires tres interessantes. La premiere remonte au 16e siecle : cette legende relate de quelle maniere se sont formes les thermes de Cacheuta. La seconde est un conte moderne, le Dailan Kifki, ecrit par María Elena Walsh, en 1966.

La legende de Cacheuta

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Notre histoire se déroule il y a fort longtemps, en 1532, lorsque Atahualpa s’autoproclama Grand Inca, et décida de marcher sur Cuzco pour prendre le pouvoir à la tête de l’empire. De sanglantes batailles furent nécessaires pour atteindre ce but, mais sa ténacité l’amena à diriger le peuple inca.
Ce ne fut pas une simple affaire, car au même moment, les Espagnols, mieux armés et entraînés, commençaient à conquérir ces territoires. Malgré les mises en garde, l’Inca décida de partir à leur rencontre, et cela causa sa perte. Il fut fait prisonnier, et la rançon réclamée était énorme : Ils demandèrent trois maisons remplies à ras bord d’or et d’argent. La nouvelle se répandit : les messagers se rendirent à toute vitesse à travers tout l’empire pour réunir la rançon demandée par les Espagnols.
L’un d’eux se rendit dans la vallée de Huentota, terre du chef Cacheuta, où se situe la ville de Mendoza. Le messager lui conta en détails la situation dans laquelle se trouvait Atahualpa, et lui répéta vivement qu’il lui fallait aider le Grand Inca, fils d’Inti, le dieu du Soleil. Cacheuta accepta immédiatement d’apporter son aide à sa libération. Pour cela, il convoqua tous les habitants du village, et il leur commanda de délivrer tout l’or et l’argent qu’ils possédaient. Il ordonna aussi à ses meilleurs guerriers de se préparer afin de protéger ce trésor jusqu’à ce qu’ils le délivrent aux Espagnols. Un fois cela fait, Cacheuta en tête, ils se mirent en route. Le chemin était difficile et escarpé, mais le groupe savait que le temps était compté, et avançait vaillamment à travers les Andes. Ils marchèrent toute la journée, jusque tard dans la nuit, avant de s’arrêter dans un défilé étroit. La, ils attendirent le retour d’un éclaireur, tandis que les nuages et le froid annonçaient l’arrivée imminente de la neige. Il revint en toute hâte avec de mauvaises nouvelles : un grand nombre d’ennemis armés était regroupé un peu plus en avant, prêt à les attaquer. Cacheuta l’écouta en silence, essayant de repousser l’idée qu’ils avaient été trahis. Face au danger, Cacheuta ordonna que l’on cache le tresor, tandis que la clameur des ennemis se faisait de plus en plus claire.
Enfin, ils n’eurent plus le choix et firent face à une armée qui les surpassait en nombre.
Le combat fut violent et sanglant, les hommes tombaient sous les coups de part et d’autre. Les guerriers de Cacheuta furent décimés sans pitié, malgré leur courage. Néanmoins, ils causèrent de grandes pertes dans les lignes ennemies. A l’aube, les guerriers ennemis qui étaient encore debout se mirent en quête du trésor, et le trouvèrent aisément. Tandis qu’ils tentaient de décider de quelle manière se partager le butin, un événement inattendu les surprit, ne leur laissant aucune issue pour se sauver. Tout d’abord, ils entendirent un bruit étrange; puis d’immenses jets d’eau bouillante, accompagnés de vapeur brûlante surgirent entre les pierres, et les encerclèrent. Les ennemis furent noyés et brûlés en un instant.
La légende dit que ce fut le fantôme de Cacheuta, furieux de n’avoir pas pu accomplir sa mission, qui fit bouillir les eaux du défilé. Depuis ce jour, il est dit que les eaux de Cacheuta ont le pouvoir d’alléger les maux, car elles naquirent dans un esprit de coopération, d’alliance entre les villages pour obtenir leur liberté.

Le Dailan Kifki

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Le Dailan Kifki est un elephant, qui, un jour, debarque sans prevenir devant la porte de la jeune protagoniste du conte, a Buenos Aires. Et cela va, etonnement, bouleverser sa vie et celle de sa famille, les entrainant dans de multiples aventures parfois absurdes, parfois problematiques, souvent comiques, que tous devront resoudre ensemble, avec l’aide de personnages secondaires attendrissants.

Il m’est difficile de rentrer plus en avant dans le detail du recit, les peripeties s’accumulant au cours des 48 chapitres (et le groupe racontant cette histoire ayant ete coupe par ses camarades lors de la session…). Si vous souhaitez en lire un peu plus, la totalite de l’histoire (en espagnol seulement) peut se trouver sur internet : par exemple, vous pouvez decouvrir l’ensemble des chapitres dans les archives d’un blog, entre Mai 2011 et Decembre 2011. Il vous suffit de parcourir les articles de cette periode pour trouver les diverses parties du conte, scannees, avec les illustrations accompagnant le recit.

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Il m’a donc paru interessant de voir que les enfants ont choisi ces deux recits: le premier est une legende ancienne remontant aux Incas, etiologique, expliquant l’origine d’un phenomene naturel, qui rappelle les mythes greco-romains; quant au second, conte moderne, il est lui aussi ancre dans la culture argentine, melant fantaisie et vie quotidienne d’une famille vivant dans la capitale au XXe siecle. La tradition du conte evolue et se perpetue, les themes changeant suivant les epoque, mais l’importance du recit restant egale.

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Desolee, je suis sur un ordinateur sans accent, ni correcteur orthographique en francais…

Retour en Argentine : legendes guaranies

Venez decouvrir les nombreuses creatures qui hantent la foret tropical d’Argentine …

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Pombero
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Il est plutot hirsute et sombre. Il passe son temps a tourner autour des maisons, et est responsable de nombreux desagrements : il ouvre les barrieres dans les champs pour que le betail s’enfuie, il tresse les queues des chevaux, ou il lance des incendies. Il est aussi connu pour ses talents de seducteur. Le Pombero est le genie qui protege les oiseaux : Il garde la foret, et s’il apercoit des enfants en train de chasser les oiseaux, il les kidnappe et les emmene loin de leur maison. Il marche en silence, ce qui fait que les enfants ne l’entendent pas arriver. Cela lui a valu le nom de Py-ragüé, Pieds Legers. Il peut imiter le chant des oiseaux, mais aussi, selon differentes versions, se transformer en tronc d’arbre, ou en plante aquatique, voire meme devenir invisible. Il aime manger des oeufs frais et du miel de la foret. Il mache aussi du tabac. Certaines legendes affirment qu’il est possible de passer des accords avec lui afin de beneficier de son aide.
Pour l’invoquer, il faut se rendre dans la foret a la tombee du jour et repeter son nom trois fois. Mais ceci n’est pas recommande, car ceux qui l’ont rencontre sont devenus muets ou fous. Si l’on parle de lui la nuit, il faut etre prudent, ne pas l’offenser, et si possible, lui laisser un peu de tabac a macher a cote de la porte. Pour le repousser, il faut deposer une gousse d’ail dans chaque piece de la maison.

Curupí or Curupiré (rough skin)
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C’est un homme de petite taille, avec les oreilles au sommet de la tete, les pieds a l’envers et la peau semblable au cuir. Il est toujours represente nu. Comme ses pieds sont diriges vers l’arriere, il se deplace bizarrement et ne peut nager : c’est pourquoi les gens se moquent de lui. On le reconnait principalement a cause de son long penis enroule autour de sa taille. Il s’en sert pour faire tomber les jeunes femmes enceinte a distance : il attend dans la foret que des jeunes filles s’y promenent seules.La legende dit que pour le rendre inoffensif, il suffit de couper ce membre.
Cette histoire est utilisee par les meres de famille pour effrayer leurs filles et les empecher de se rendre dans la foret. Rencontrer le Curupí est dangereux : S’il les attrape, elles tomberont enceintes, s’il n’y parvient pas, elles deviendront folles a cause de ses paroles et gestes obscenes. Par ce mythe, les Guaranis justifient les naissances hors-mariage, ou tentent de d’effrayer les jeunes filles non encore mariees pour les eviter.

Yasí-Yateré
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Il est represente comme un nain blond et muscle qui parcourt le monde avec un large chapeau de paille sur la tete et une cane doree, pour enlever des enfants. Il les emmene dans la foret, joue avec eux pour les abandonne attaches a l’aide de lianes. Pour attirer les petits curieux, il siffle alors qu’ils font la sieste. La legende dit que si un mortel parvient a lui derober sa cane, il recevra son pouvoir d’attraction.
Ce mythe semble prendre source dans les traditions de guerre des tribus indigenes et leur habitude d ‘enlever femmes et enfants comme butin. Les parents racontaient ces histoires pour que leurs enfants restent prudents autour de la foret.

Teyú Cuaré
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La legende rapporte qu’au pied de la colline aujourd’hui nommee Victoria, dans les remous de la riviere, vivait le Teyú Cuaré, un monster mi lezard, mi dragon, responsible du naufrage des bateau qui naviguaient sur la riviere Parana. Ce mythe expliquait les mouvements de l’eau la ou elle frappait les falaises, tout comme les naufrages ou autres accidents maritimes.

Yaguareté-Abá
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Il est decrit comme une creature mi homme, mi animal : il a le corps d’un tigre avec une queue tres courte, et les pieds, les mains et la tete d’un homme. C’est un homme qui se transforme en tigre a l’aide d’un sort, et se sert de ses nouveaux pouvoir pour se venger de ses ennemis ou pour attirer les femmes. Il ne peut pas approcher une tigresse sous peine de ne jamais retrouver sa forme humaine. C’est une creature tres dangereuse, mais il est possible de la vaincre en lui coupant la tete. On peut aussi lui echapper en escaladant un palmier, le seul arbre auquel il ne peut pas grimper.
Le tigre est un animal imporant et remonte aux plus anciennes croyances guaranies : il est dit que si un tigre est assis a cote d’une tombe, cela signifie que l’ame du defunt s’est reincarnee dans l’animal.

La legende de la Yerba Mate
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A l’origine, les Guaranis etaient un peuple nomade qui avait pour habitude d’abandonner les personnes agees qui risquaient de retarder leur marche. Lors de l’arrivee des Espagnols, ils etaient le peuple le plus repandu en Amerique du Sud, et etaient en phase de sedentarisation. Cela entraine donc un grand changement dans leurs coutumes et modes de vie, et donc dans la maniere donc ils traitent les anciens. Il est fort probable que cette legende explique ce phenomene.

Un vieillard qui avait ete abandonne par sa tribu, alors qu’il pleurait sur son sort, vit deux tres belles jeunes filles marcher vers lui. L’une d’elle etait le Soleil, l’autre la Lune. Soudain, un tigre enorme jaillit de la foret pour attaquer les jeunes filles. Le vieillard avait ete un vaillant guerrier dans sa jeunesse, alors, a l’aide de sa lourde cane, il sauta sur le tigre et apres un violent combat, finit par le tuer. Le Soleil (Cuarají) et la Lune (Yasi), reconnaissantes, lui offrirent une plante, qui grandira en un arbre a yerba mate> Elles lui enseignerent comment faire secher les feuilles sur le feu, et a preparer la potion que les Guaranis considerent comme le premier des thes. Lorsque le vieillard partagea son don avec son people, il fut de nouveau accueilli au sein de la communaute, et recut de nombreux honneurs.

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Legendes trouvees dans le parc Teyú Cuaré, pres de San Ignacio, Misiones, Argentine.

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Desolee, je suis sur un ordinateur sans accent, ni correcteur orthographique en francais…

Life on Mars

Cela fait maintenant 10 jours que nous sommes dans les Andes, et nous ne faisons que grimper depuis Salta. On a d’ailleurs changé de pays dimanche : nous explorons maintenant la Bolivie. Je vous écris de Potosi, une ville charmante, qui a la particularité d’être la ville la plus haute du monde ! 4070 mètres d’altitude, ça se sent, quand on vient de la plaine. Mais ça va, nous supportons plutôt bien l’altitude, nous devons juste nous arrêter pour respirer tous les quatre pas. À part ça, et le rhume persistant d’Erika, nous allons bien.
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Alors, que s’est-il passé ces derniers jours ? Beaucoup de montagnes, pas mal de marche, une légère insolation pour moi (une bonne nuit de sommeil et un litre de sprite y ont remédié), des paysages magiques, une nouvelle frontière traversée à pied, 12 bus, un taxi qui roulait à gauche, pas mal de nouvelles spécialités culinaires.

Prenons les choses dans l’ordre. Après Salta, nous sommes montées à Tilcara, où nous avons fait un peu de randonnée, à la découverte de la Garganta Del Diablo (non, pas la cascade d’Iguazu, il faut suivre, mais le canyon d’à côté), et d’une Pukara (forteresse pré-hispanique). C’était très beau, et surtout, assez drôle pour une raison : il y avait à côté un jardin botanique de haute montagne (donc plein de cactus), dans lequel on pouvait trouver une pierre volcanique qui sonnait comme une cloche quand on tapait dessus. J’aimerais pouvoir vous montrer la vidéo, mais internet, ici, c’est pas encore tout à fait ça … Nous sommes aussi allées admirer le coucher de soleil au dessus des sommets colorées de Purmamarca : c’était tout simplement magique de voir ces montagnes rouges, vertes, jaunes, violettes … frappées par les rayons du soleil. On se serait crues sur une autre planète. Puis, nouveau bus pour se rendre encore plus au nord, à Humahuaca, en pleine fête de la Virgen Del Milagro. Je me suis donc brossée les dents sous un feu d’artifice ce soir-là.
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Et samedi, nous avons décidé d’aller visiter Iruya, à 70 km de là. Mais ce n’était pas aussi simple : on grimpe dans le bus, en sachant pertinemment que le trajet allait durer 3 heures … Oui, 3 heures ! Car sur les 70 km de trajet, 50 se faisaient sur une piste non goudronnée au milieu des montagnes. En tout cas, le voyage en valait la peine (plus pour les paysages impressionnants, les lamas sauvages et le chemin que pour le village en lui-même, tout au bout de la piste). Enfin, nous étions bien heureuses d’arriver à l’auberge le soir quand meme !

Dimanche était un grand jour : non seulement nous changions de pays, mais ce jour marquait aussi notre premier mois de périple. C’est fou ! D’un côté, on ne l’a pas vu passer, mais de l’autre, nous avons fait tellement de choses, rencontré tellement de gens, que nous avons eu l’impression d’être restées des mois en Argentine. Bon, on ne va pas s’étaler hein, donc passons aux choses intéressantes : la Bolivie ! Aucun problème pour passer la frontière, et une rencontre sympathique avec un couple d’anglais avec qui nous aurons finalement passé quelques jours. Nous ne voulions pas rester à Villazon (la ville frontalière), donc nous avons partagé une sorte de taxi collectif pour nous rendre à Tupiza, plus sympa. Là encore, pas mal de marche sous le soleil, pour passer la Puerta Del Diablo, et escalader un peu le Canyon de l’Inca pour y pique-niquer. Le plus drôle dans l’histoire, c’est que nous avons décidé d’y aller sans guide : nous avons compris pourquoi il en aurait peut-être fallu un quand on nous a annoncé : « vous tournez à droite après la piscine, et là, vous suivez les empreintes de chevaux. »

Et mardi, départ en jeep vers Uyuni avec nos anglais, un guide, une cuisinière et leur petite fille toute timide. La route était là encore très belle (même si les arrêts touristes – photos ne sont pas notre tasse de thé). Nous dormions à Colchani, dans une auberge plus que rudimentaire (pas de chauffage, pas d’eau chaude, je ne décris pas les toilettes, et coupures de courant), mais ce n’était pas grave : le
coucher et le lever de soleil (oui, réveil à 5h mercredi, mais la beauté du ciel étoilé a rendu l’expédition toilettes supportable) sur le salar d’Uyuni nous ont fait oublier tout inconvénient ! une étendue immense, d’un blanc éclatant, jusqu’au pied des montagnes lointaines. Du sel à perte de vue. Et un ciel sans nuage. Les montagnes au loin semblaient flotter à cause des mirages causés par la réflexion du soleil sur le sol. Et au milieu de tout ce blanc, la Isla Del Pescado, îlot peuplé de cactus, où nous avons pris un énorme petit déjeuner. Il faisait froid, tant que la nuit était là, surtout à cause du vent permanent.

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Vous pouvez normalement voir quelques photos en cliquant ici.
À 11:30, nous avons dit au revoir à nos compagnons de voyage, pour sauter dans le bus en direction de Potosi, où nous avons majoritairement mangé et déambulé depuis hier.
Demain, départ pour Sucre, donc à bientôt pour de nouvelles aventures !

Je n’ai malheureusement pas la possibilité de vous mettre plus des photos de qualité (il n’y a pas de port USB sur les ordis de l’auberge, et j’écris depuis mon téléphone). Mais faites un tour sur la page Facebook si vous pouvez, ou sur Twitter, j’essaye de poster quelques photos de temps en temps. Dès que nous trouvons une
connexion et un ordi corrects, on remédie à cela ! En attendant, allez écouter David Bowie. 🙂

Paraná l’hospitalière et Cordoba la festive

En réalité, nous avons beaucoup à vous dire sur les quelques jours passés à Paraná : nous y sommes allées pour intervenir auprès des enfants, et nous nous sommes retrouvées embarquées dans une belle aventure.

Déjà, nous sommes arrivées lundi matin, à l’aube, et Carina, Brenda et German étaient à la gare, dans le froid, à nous attendre. Vraiment, désolées de vous avoir fait lever à 6:00 ! Et à partir de là, tout s’est enchainé. Nous avons suivi Carina et Brenda à l’école, pour découvrir le lieu où nous allions travailler le lendemain, puis nous sommes parties à la découverte de la ville et de son joli parc au bord du fleuve. Après, première nouvelle : Carina nous annonce qu’on passe à la télé pour parler de notre projet ! Sur une chaîne locale (canal once), dans une émission nommée Entrevistas. Oups ! Une interview. À la télé. En espagnol ! Hum … Bon, finalement, ce n’était pas pour lundi, mais pour mardi après-midi. Et nous n’étions pas plus rassurées pour autant. On peut dire que nous étions pétrifiées. Au point que j’en suis venue à regarder Carina, désespérée, face à une question que je n’avais pas comprise … Donc oui, j’ai lancé un « ayudame » paniqué en direct. Bref, retour au lundi ! Nous avons suivi Brenda à l’alliance française, pour rencontrer ses élèves de français (et d’autres), avec qui nous avons discuté de la France, de Paris, pendant 2 heures. Et après cela, retour à l’école pour rencontrer les élèves de dernière année pour discuter autour d’un café. Ça fait bizarre d’être autant le centre de l’attention ! Mais c’était vraiment sympa de discuter avec ces gens qui apprennent notre langue.
Le mardi, grosse journée : Erika passe à la radio au saut du lit, puis entretien pour le journal de la fac, puis notre intervention avec les enfants, puis entretien pour el Diario de Paraná, puis déjeuner, puis télé, puis rencontre avec les lycéens de l’école de commerce, qui se moquaient bien de nous quand nous parlions espagnol. C’étaient vraiment de belles rencontres !

Heureusement, après ces journées bien remplies, nous pouvions compter sur la gentillesse de nos hôtes, les talents de cuisinier de German, leurs anecdotes sur l’Argentine, ses légendes, son cinéma … Et nous avons aussi passé une bonne soirée à partager notre maîtrise (absolue …) de l’ukulele !
Nous avons été accueillies si chaleureusement à Paraná que nous l’avons quittée à regret, sous des trombes d’eau par ailleurs.

Il a plu à verse tout le trajet jusqu’à Cordoba, certaines villes traversées étant même en partie inondées. Mais nous sommes arrivées sans encombres – et sèches – à notre étape suivante jeudi vers 20:00. Fernando, chez qui nous étions logées, est venu nous chercher, et nous avons pu rencontrer ce soir-là une partie de sa (grande) famille, ainsi que leurs 4 chiens, leur chat et leur agneau (un petit d’une semaine abandonné par sa mère). Après un demi kilo d’empanadas, nous voilà partis en ville pour une soirée entre couchsurfers, avec qui nous sommes allés danser (à 3:00 du matin !). Et là, nous avons découvert La Mona Jimenez, LA star de Cordoba apparemment ! Une vidéo s’impose.
Ces 3 jours à Córdoba furent vraiment sympathiques, Fernando, sa famille et ses amis étant très aimables et ouverts (malgré nos difficultés à suivre les conversations ! L’accent local est très particulier) : nous avons passé de bons moments, entre les repas en famille, la visite du centre-ville, les soirées, l’asado dans la sierra proche… Bref, nous avons été initiées à une autre facette de la culture argentine, qui, celle-ci, nous a bien épuisées !

Je vous écris de Salta (bien surnommée la Linda), une charmante ville au pied des Andes, où nous sommes arrivées hier matin. Nous devions rencontrer une classe demain, mais malheureusement, la semaine entière est feriée, car différentes fêtes se succèdent en ville… C’est dommage, mais j’espère que nous pourrons rester en contact avec les professeurs intéressés ! Nous avons principalement parcouru la ville, nous avons monté 1070 marches pour admirer le panorama (ça en valait le coup, vraiment !), puis dîné en ville en compagnie de nouveaux compagnons de voyage (enfin, pas tous nouveaux : nous avons retrouvé ici Michael, avec qui nous étions parties en expédition au Paraguay il y a 10 jours). Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, je dois étudier le guide pour savoir où nous irons demain … Vers le Nord !

Et comme d’habitude, les photos arriveront … Plus tard !
Hasta luego!

Intervention 2 : Compte-rendu

Date : mardi 4 septembre 2012
Lieu : Escuela Normal, Paraná, Entre Ríos, Argentine
Niveau : 4e, 5e et 6e années
Nombre d’élèves : environ 35
Durée : 1h40
Mythe raconté : Midas et le toucher d’or
Nombre d’histoires récoltées : 6

La première intervention lors de notre périple vient d’avoir lieu en Argentine. Après deux semaines de tourisme, ponctuées par la découverte des légendes guaranis au milieu de la forêt tropicale dans la province de Misiones, il était bien temps de nous mettre au travail ! Dans cet article, je vous parlerai uniquement de notre rencontre hier avec les enfants de l’école Normale de Paraná (la première du pays). Je relaterai les multiples autres expériences, découvertes et rencontres lors nos quelques jours ici plus tard. Il y a tellement de choses à dire, en particulier sur l’accueil extraordinaire que nous avons reçu.

Tout d’abord, nous tenons à remercier chaleureusement l’école, pour nous avoir reçues, et tous ceux qui ont cru dans notre projet, pour leur accueil, leur enthousiasme, leur soutien. Merci à Carina Greca pour tout, et pour avoir tout organisé avec tant de précision, à Brenda et German pour leur gentillesse et le temps qu’ils nous ont consacré.

Maintenant, commençons par le début : nous sommes intervenues auprès d’enfants de 9 à 11 ans, qui participent au projet pluri-linguistique de l’école. Ce programme, mis en place l’an dernier, offre aux enfants la possibilité d’apprendre des langues nouvelles des leur plus jeune âge (anglais, portugais, italien, et français). Nous avons donc rencontré l’ensemble des enfants de primaire qui se sont lancés dans l’apprentissage du français. Le groupe était assez conséquent, mais grâce à l’aide des professeurs, et à la très bonne volonté des enfants, la séance a pu se dérouler dans d’excellentes conditions.

Pour résumer la séance, après nous être présentées en français, nous avons fait une brève introduction sur la mythologie en espagnol, afin de permettre aux enfants de situer la Grèce, le contexte, les dieux grecs … Puis, nous avons raconté la première partie du mythe de Midas, à deux voix. Je dois avouer que la présence d’Erika à mes côtés, et non pas derrière la caméra, m’a bien rassurée : je pense avoir été une bien meilleure conteuse que lors de la séance à Saint Romain ! Après cela, nous avons demandé aux enfants ce qu’ils avaient compris, et à la demande générale, nos avons repris le récit une nouvelle fois, de manière plus brève, afin que tout soit clair dans leur esprit. Il est vrai qu’il est difficile, lorsque l’on débute une langue (certains n’avaient qu’un an de français derrière eux, d’autres un peu plus), de comprendre une histoire à la première écoute. Surtout que Carina nous a expliqué plus tard que cette histoire était la plus longue qu’ils avaient entendue en français. Donc nous ne pouvons qu’admirer l’effort qu’ils ont fourni pour suivre l’intrigue, et tenter de comprendre ce que nous racontions. La légende de Midas nous avait paru être le récit parfait pour cette séance : le mythe est connu (certains enfants l’avaient déjà entendu), l’histoire est plaisante et plutôt comique, et la morale n’est pas difficile à appréhender pour de enfants de cet âge. Et au vu de leur réaction à la seconde narration, je pense que nous avons fait le bon choix.
Et à ce moment-là a donc débuté la seconde partie de la séance : celle où les enfants travaillent ! Ils se sont mis en petits groupes (afin que le plus grand nombre ait le temps de raconter une histoire), et après une petite mise au point sur la consigne, ont dessiné pendant 30 minutes. Comme pour la classe française, certains ont été inspirés plus rapidement que d’autres, des enfants ne savaient pas vraiment quoi dessiner, ou n’étaient pas satisfaits du récit premièrement choisi. Après cela fut venu le moment de partager les récits avec la classe (en espagnol) et les enfants nous ont paru plus spontanés et moins timides que les français, même si le début du récit restait un peu hésitant. L’auditoire accueillait très bien chaque nouveau conteur, ce qui mettait tous les enfants en confiance, même les plus introvertis.
Nous n’avons malheureusement pas pu entendre tous les enfants : le moment de partir déjeuner est arrivé bien vite !

Ce fut une expérience très enrichissante pour nous, car cela nous a permis de voir la dynamique d’un grand groupe d’élèves, bien différente de celle de notre classe de CM2 française. Les enfants étaient bien plus extravertis, et je pense que le contact est très bien passé. Apparemment, notre accent (en français comme en espagnol) les a bien fait rire au début (j’ai fait rire un petit garçon un bon moment, simplement en parlant !), mais nombre d’entre eux nous approchaient pour nous poser discrètement de petites questions en français, notre nom, notre âge, notre anniversaire, … Ce que l’on peut tirer de cette expérience, je pense, c’est tout d’abord qu’elle a eu l’air d’intéresser les enfants. D’ailleurs, Brenda nous a confirmé qu’en temps normal, ils n’ont jamais 1h40 de cours sans pause, mais que, de manière étonnante, au cours de la séance, aucun n’a réclamé pour sortir un moment. C’est un bon signe, non ? Ils étaient curieux, et restaient attentifs (bon, le niveau sonore étaient plutôt élevé, ne le cachons pas, mais ils nous écoutaient lorsque nous parlions, et lorsque leurs amis contaient leur histoire).
L’application des enfants était aussi particulièrement visible : certains, pour présenter un dessin plus précis, tentaient même de tricher un peu en décalquant des dessins de livres, ou de préparer leurs phrases à l’avance pour le récit. Et justement, lorsqu’ils racontaient, certains enfants parlaient « comme un livre » ! Ils réutilisaient les formules qu’ils avaient lues, mais qui ne s’emploient pas du tout à l’oral d’après ce que nous a dit Brenda à la fin de la séance. C’est très intéressant de découvrir que les enfants ont pris ces automatismes de narration, sans vraiment s’en rendre compte : cela nous montre bien que le récit oral paraît respecter des codes autres que eux de la conversation banale.

La seule chose que nous pouvons regretter, c’est que nous n’avons récolté finalement qu’une seule légende locale, celle de Cacheuta. Les autres groupes nous ont raconté l’histoire du Petit Chaperon rouge, du Vilain Petit Canard, une histoire de prince, de princesse et de dragon (jolie invention), … Cela appuie finalement ce que nous pensions avant de partir : les contes traditionnels finissent par se perdre ! Peu d’entre eux connaissaient des histoires vraiment locales. Les films Disney, les histoires les plus répandues leur étaient beaucoup plus familières. Avant de tirer des conclusions générales et d’affirmer la mort de la tradition orale des contes locaux, nous allons attendre de rencontrer d’autres enfants, et voir ce qu’il en est dans d’autres régions du monde.

Ainsi, si l’on omet ce dernier point (un peu problématique pour notre étude, mais pas insurmontable – nous sommes capables de faire des recherches), cette rencontre a été très positive. Nous attendons de savoir ce qu’en ont pensé les enfants : Carina nous dira cela après avoir parlé de l’expérience avec ses élèves.

Posons nos Pénates à San Ignacio

Cela va bientôt faire une semaine que nos avons posé nos sacs à dos à l’auberge El Jesuita (la première du Routard, celle où apparemment tous les Français de passage se sont donnés rendez-vous) : toute petite, avec certes la salle de bain et les toilettes au fond du jardin, mais très agréable, en grande partie grâce à la gentillesse des gérantes.

Ce qui est drôle, c’est que San Ignacio n’apparaît pas sur Google maps ; et quand le bus nous y a déposées dans le froid et la pluie dimanche dernier, je dois avouer que les chemins de terre rouge boueux qui constituent la majeure partie des rues du village nous ont paru peu praticables. Enfin, nous n’avons pas eu de problème pour nous orienter dans cette petite ville aux routes perpendiculaires, construite autour des ruines d’une ancienne mission jésuite.

Malgré le froid humide et perçant des premiers jours, nous nous sommes senties très bien ici, à discuter avec les autres voyageurs, à partager nos expériences, à jouer aux cartes, a nous motiver pour réussir a passer sous la douche, à donner quelques cours de français à Herminia, qui tient l’auberge (Erika est une super prof !) … Et pendant la journée, nous visitons tout ce que nous pouvons dans le coin, en particulier, les missions jésuites. Les ruines de Santa Ana, à l’atmosphère particulière, où la végétation a repris ses droits ;

celles de San Ignacio, mieux conservées ;

le Parc Teyú Cuaré, dès que le soleil et la chaleur furent revenus, d’où l’on a une vue incroyable sur le río Paraná (qui se mérite ! Nous avons bien marché 20 km mercredi) ;

les missions paraguayennes de Trinidad et Jesus, notre première grande expédition comique en compagnie de Michael, allemand rencontré la veille à l’auberge (7 bus, la perte momentanée d’Erika à la frontière, une errance passagère à Encarnacion, 11,6 km dans une espèce de voiture de golf, un peu d’escalade sur des ruines superbes, une campagne verdoyante, de bons fous rires, une belle journée).

Et vendredi, après ces quelques jours épuisants, nous avons voté à l’unanimité (de nous deux donc …) de rester au calme. Une sage décision fut prise : nous poser sur une plage au bord du fleuve pour profiter du temps radieux. Et bien évidemment, ça aurait été bien trop simple ! Déjà, la plage était à 5 km. Marchons donc ! À notre arrivée, rencontre avec les garde-frontière (le Paraguay est de l’autre côté du fleuve), qui nous invitent d’abord à dîner (la fameuse parrilla et l’asado, le barbecue argentin), puis à partager leur déjeuner. Le repas fut bien sympathique, et après discussion, nous avons décidé d’accepter de suivre le chef dans une promenade improvisée dans le coin. C’est ainsi que nous avons pu rencontrer des guaranis dans un de leurs villages cachés dans la forêt (nous avons refusé de réveiller le Chef pendant la sieste), que nous sommes retournées dans le parc au-dessus du Paraná, et que nous avons parcouru le Sendero Mitico, quelque part dans la forêt tropicale, qui retrace les légendes guaranis, créées pour effrayer les enfants et les tenir à l’écart des dangers de ces bois (cliquez ici pour lire les descriptions des creatures legendaires – en anglais). Ce fut une journée complètement irréelle, mais très intéressante et amusante, grâce à notre guide imprévu, qui a partagé avec nous ses connaissances sur la culture indienne, les arbres, la vie de militaire en Argentine.

En fait, ici, la gentillesse des gens nous touche beaucoup (les personnes qui nous aident quand nous sommes perdues, comme ce monsieur qui nous a offert des fruits au bord d’une route quand nous errions à la recherche de Santa Ana, Herminia qui nous propose de partager des pizzas maison, leur patience face à mon espagnol brinquebalant …), et le village est plutôt charmant, avec ses maisons colorées (sa mairie rose et rouge), son ciel bleu, sa terre rouge, et ses arbres en fleurs. Bref, on est bien.
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Mais aujourd’hui est un grand jour : départ pour Paraná, Entre Ríos, pour y rencontrer enfin Carina, notre interlocutrice à l’école Normale, premier établissement qui nous recevra pour le projet, et les enfants qui participeront à l’expérience le 4 septembre.

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Hasta luego !