L’exposition : l’Amérique du Sud

panneau-ameriquelatine1

panneau-ameriquelatine2

argentine-boca

bolivie-andes-panoramique

bolivie-lama

perou-machupicchu

Publicités

Contes et jardin

Vous allez vous dire qu’au niveau réactivité, ce n’est pas tout à fait ça ici … Mais je dois avouer que le mois de Septembre a été bien rempli, et plutôt chaotique (dans le bon sens du terme, s’il est possible d’en trouver un).

Revenons deux semaines en arrière, pour les Journées du Patrimoine. Comme je vous l’avais annoncé, j’ai été invitée par les Jardiniers de Maubec à venir narrer des contes du monde au Clos d’Hildegarde, le jardin médiéval de Saint Romain le Puy, le Dimanche 15 Septembre à 15h00. Et c’est donc sous un ciel menaçant, parmi les épouvantails effrayants peuplant le jardin, qu’un public relativement nombreux s’est réuni pour écouter des mythes d’ici et d’ailleurs.

2013-09-27 16.17.36

J’avais choisi quatre récits en rapport avec la nature … On va dire que le jardin était une belle source d’inspiration ! C’est ainsi que j’ai illustré et raconté les mythes de la pomme de terre et de la Kantuta, venus des Andes, ainsi que l’histoire de Sina et l’anguille, qui explique la naissance du cocotier dans les îles du Pacifique. Après ça, une courte pause, pour me permettre de respirer et de boire un coup, et pour laisser aux gens le plaisir de se promener dans le très beau jardin.

2013-09-15 16.05.38-2

Pour clore la séance de contes, j’avais choisi un mythe antique que j’apprécie beaucoup, celui de Proserpine, tel qu’Ovide l’a narré dans ses Métamorphoses. A la veille de l’Automne, il me semblait opportun de faire connaître l’origine légendaire des saisons, et de partager le chagrin de Cérès.

2013-09-15 14.54.18

Je ne savais pas que ce ne serait finalement pas la dernière histoire que je raconterais. A la demande générale, j’ai choisi un dernier mythe, celui de Maui, expliquant la naissance de la Nouvelle-Zélande, qui a lui aussi beaucoup plu.

Ce fut un très bel après-midi, surtout que la pluie nous a épargné juste assez longtemps pour me laisser le temps de terminer ! A refaire, si l’occasion se présente.

2013-09-23 12.46.32

Je vous parlerai bientôt de l’exposition et des rencontres avec les classes de l’école primaire et du collège de Saint Romain, là encore une très belle expérience. Mais tout d’abord, je dors un peu, et je retourne en cours !

Mythes et legendes de Bolivie

Maintenant, partons a la decouverte (ou redecouverte) des histoires que nous avons eu le plaisir d’ecouter a la Paz !

____

Voici quelques récits, et quelques dessins, que nous avons eu le plaisir d’entendre à La Paz. J’ai simplement retranscrit ce que les élèves avaient écrit, en corrigeant les petites fautes, et si besoin était, la syntaxe. Je dois vous dire que je n’ai pas eu de grandes modifications à faire : ils se sont vraiment appliqués ! Je vous laisse découvrir les contes de Bolivie !

Chez Lydia, par Rafaela, Alejandra, Daniela et Valeska

Chez Lydia (Rafaela Vasquez, Alejandra Alvayero, Daniela Rojas, Valeska de Cordenas)

Lydia etait la fille de deux vendeurs de fruits, et etait tres gatee. Elle ne reconnaissait pas les efforts de ses parents pour elle : elle habitait dans l’internat le plus cher de la Bolivie, elle aimait la vie facile et n’avait aucune conscience de la realite. Quand elle a fini ses etudes, elle etait tres preoccupee de sa reputation. Elle retourna voir ses parents et apprit a survivre dans le vrai monde. Elle partit travailler a la campagne et ainsi apprit a valoriser sa famille.

La légende de la Kantuta, par Annelise, Lilian, et Anvi

Légende de la Kantuta (Annelise Choque, Lilian Zeballos, Anvi Quispe)

L’Inca qui a dominé à l’époque était le plus imposant, cruel et sanguinaire de tous les Incas qui avaient régné sur l’empire. L’Inca visitait chaque année, en hiver, le sanctuaire de Copacawana. Et à cette occasion, il emmena dans ce voyage sa fille dont la beauté et la vertu s’étaient propagées dans tout l’empire. La jeune fille qui, pour la première fois, accompagnait son père dans ce long voyage, vit, à leur arrivée, au bord du lac, un beau jeune homme d’origine plébéienne dont elle tomba amoureuse. Son nom était Kento, et lui aussi, tomba amoureux de la jeune fille immédiatement. Durant tous ce voyage, ils vécurent cachés, car l’Inca n’approuverait jamais leur amour.
Un jour, des messager arrivèrent apportant des nouvelles réclamant leur retour immédiat. La princesse entendit cela, et se rendit de nuit chez Kento pour établir un plan qui empêcherait leur séparation. Malheureusement, la jeune fille tomba dans un fossé rempli de grandes épines qui la transpercèrent. Avec la rosée du matin, de nombreuses feuilles vertes germèrent sur les buissons, que les rayons du soleil éclairèrent à l’aube.
Quand on trouva le corps sans vie de la jeune fille, elle était entourée d’une plante aux fleurs inconnues, que l’on nomma Kentu-uta pankara (« maison de fleur de Kento »).
Ces fleurs représentent le vert des champs, le jaune des premiers rayons de soleil et le sang rouge vif de la noble jeune fille, qui ne disparut jamais. Kentu fit le deuil de son amour toute sa vie, et la fleur existe encore aujourd’hui, portant le nom de Kantuta. C’est la fleur nationale de Bolivie, dont le drapeau porte les mêmes couleurs.

Le Renard et le Condor, par Denise, Julia, Grecia et Paula

Le Renard et Le Condor (Denise Achata, Julia Colodro, Grecia Valdez, Paola Gutierrez)

Le Renard et Le Condor (Denise Achata, Julia Colodro, Grecia Valdez, Paola Gutierrez)

Un jour, dans les bois, un renard rencontra un condor. Il lui dit : « Tu te crois grand, en volant, non ?  »

Le condor se rapprocha du sol et repondit : « Eh bien, mon cher renard, si tu te crois meilleur que moi, faisons un pari!  »

Le renard, intrigue, demanda :  » quel pari ?  »

Le condor, d’un ton superieur, repondit : « Nous allons nous rendre au sommet de cette montagne et nous y resterons jusqu’a l’aube, et celui qui gagne mangera l’autre. »

Le renard, effraye, repondit :  » D’accord, allons-y !  »

Ainsi, ils se rendirent au sommet et s’y installerent. Plus tard, le renard demanda au condor : « Condor, es-tu toujours en vie ?  » Et il lui repondit : « Oui, je suis toujours en vie. »

Apres quelques heures, le condor demanda au renard :  » Renard, es-tu toujours en vie ?  » Et il lui repondit : « Oui, je suis toujours en vie.  » Mais d’une voix tres faible…

Toute la nuit, ils se poserent cette question, et a chaque fois, la vois du renard se faisait de plus en plus faible. Au bout d’un moment, le condor demanda : « Renard, es-tu toujours en vie ?  » Mais personne ne repondit. Le condor posa la question encore et encore, mais toujours aucune reponse. Le condor avait gagne son pari. Donc il mangea le renard. Et depuis ce jour, les renards craignent les condors, car un jour, l’un d’eux mangea l’un des leurs.

La Rue Jaen, par Arnold, Fabiana, Alfonso, et Mariana

La rue Jaen (ou La Croix Verte)

La légende raconte qu’a l’époque de la colonisation, les personnes qui étaient pendues sont passées sur la rue jusqu’à arriver à la place Murillo et faisaient des tours. Et a cette époque, les personnes qui habitaient près de la rue entendaient des carrosses et regardaient des fantômes.
Plus tard, ils ont créé une croix verte qui fit peur aux esprits de la mort.

Le chat noir et le diable, par Diana, Mariana, Natalia, Diana, Maria Paula et Ariel

Les sorcières de Bolivie disent que c’est bien d’avoir un chat noir à la maison. Pour éviter d’entrer, le chat dit au diable : « Tu ne peux pas entrer dans ma maison. » et le diable lui dit : « Oh, s’il te plaît ! » Alors, si le diable veut rentrer, le chat lui demande de compter les poils de sa queue, et quand le diable commence à compter, le chat bouge sa queue.

Le pont du diable

Le Pont du Diable (Diablada)

Le Pont du Diable (Diablada)

Nous allons raconter un petit conte sur un pont qui s’appelle le pont du diable. Ce pont se trouve à la sortie de Potosi. Potosi, c’est une ville au sud de la Bolivie très riche à cause de la montagne d’argent connue dans tout le monde, exploitée par les espagnols, qui s’appelle « Cerro Rico de Potosi ».
Un jour, un homme voulait retourner chez lui mais il ne pouvait pas parce que le pont était tombé par terre. L’homme était fâché pendant beaucoup d’heures, alors, après avoir crié et pleuré, le diable a entendu que l’homme se plaignait. Donc il lui a proposé qu’il lui donne son âme à la place de reconstruire le pont. Le diable commence à construire le pont jusqu’à ce qu’il lui manque une seule brique, car un ange s’est assis sur la brique et le diable ne pouvait pas la ramasser et l’homme s’est sauvé de donner son âme au diable.

Le pont de Potosi, par Angel, Hugo et Edwards

Il y a très longtemps, était un garçon dont l’occupation était mineur. Un jour de plus, il a décidé d’aller au Cerro rico à Potosi pour travailler, mais s’est trouvé dans une situation dangereuse et difficile. Il s’est perdu, et ne pouvait pas trouver le chemin, quand il regarde (rencontre) le diable, « le Tonton ». Il a pensé que c’était sa fin, mais il a pensé à sa famille et a pu trouver le chemin à la mine où il trouve un grand tas d’or, et il s’en alla heureux avec sa famille.

La légende de la pomme de terre, ou Wiracocha, par Pablo, Maria Cristina, Bruno et Adriana

P1050861

Wiracocha 2

Wiracocha

Dans l’Altiplano, il y avait une ville prospère qui a été envahie par un empire pour 15 ans. Un jeune qui s’appelait Choque a fait l’escalade d’une montagne et il rencontre un condor blanc, qui était Wiracocha. Il a donné à Choque des graines que le peuple de Choque devait manger. C’était des racines de pomme de terre ! L’empire qui les avait envahis a mangé le fruit empoisonné et le peuple de Choque l’a vaincu.

_____

Article initialement publie le 2 Octobre 2012, et complete aujourd’hui.

_____

Desolee, je suis sur un ordinateur sans accent, ni correcteur orthographique en francais…

Le Pérou m’a tuer.

Je sais, je sais, j’ai un peu de retard sur les comptes rendus du voyage … Mais le Pérou, pour chacune d’entre nous (mais pour des raisons bien différentes, nous y reviendrons), fut assez éprouvant. Et malgré le temps libre dont j’ai pu largement profiter la semaine dernière, l’envie d’écrire n’était pas tout à fait là … Bref, j’espère que vous me pardonnerez à la lecture de cet article (il y a peu de chances, vu le résumé que vous allez pouvoir lire, mais au moins les photos détourneront votre attention de ma grande paresse ! 😉 ).

Donc je vous ai quittés après les interventions que nous avons effectuées à La Paz, sans vraiment vous avoir parlé de ce que nous y avons fait d’autre. Nous sommes donc restées 4/5 jours dans la (très haute) capitale bolivienne, après avoir flâné quelques jours à Potosi et à Sucre (vous pouvez découvrir quelques photos de ces jolies villes ici). À La Paz, donc, nous avons marché dans les rues, sur les hauteurs, visité le très bon Museo folklórico y etnográfico (je vous passe la traduction hein), mangé un peu plus de volaille (j’ai arrêté le compte du nombre de poulets que nous avons mangés en Amérique du Sud il y a fort longtemps) … Et au Loki Hostel, nous avons lié connaissance avec nos compagnons de chambre de toutes nationalités : finalement, la plupart des habitants de la chambre 25-26 ne se sont pas quittés pendant 3 jours. Nouvelles promenades en ville, visite du musée des instruments de musique, interactif et ludique (oui, nous avons touché à tout, comme des gamins), et soirées tous ensemble à l’auberge ou ailleurs.

 

C’est d’ailleurs avec deux d’entre eux, Allison et Paulo, que nous sommes parties pour Copacabana – pas la plage brésilienne, la ville bolivienne sur les bords du lac Titicaca – le vendredi 28 septembre (oui, je suis vraiment en retard). Rien de particulier à dire, si ce n’est que le lac est incroyablement vaste et bleu, que c’est magnifique et qu’il fait bon vivre sur ses rives … Ah si, deux choses ! J’y ai découvert le meilleur popcorn de la terre (énorme et sucré juste comme j’aime) et j’ai escaladé deux montagnes, la première servait d’observatoire pour les incas, la seconde était un calvaire, pour vous faire de jolies photos, consultables ici aussi (Facebook est pratique pour mettre des photos en ligne rapidement). 🙂 Et le samedi soir, nous sommes partis tous les quatre pour Cuzco, au Pérou !

On y arrive enfin, le Pérou, où nous ne sommes finalement restées que 12 jours, dont 9 jours à Cuzco … Nous reviendrons, pour voir tout ce que nous avons raté (c’est-à-dire, la majeure partie j’imagine).


Nous sommes arrivés aux environs de 4h00 du matin dimanche à Cuzco, découvrant donc la population locale en sortie de soirée, dans des états d’ébriété plus ou moins prononcés… Pas la meilleure impression, surtout vu notre état de fatigue ! Mais la ville en elle-même nous a tout de suite charmées : c’était véritablement la plus belle ville depuis le début du voyage ! Je vous passe nos diverses errances à la recherche de notre auberge (Loki Cuzco !), et en particulier cette côte interminable qu’il a fallu grimper avec nos sacs et nos heures de bus, avant de nous écrouler dans la salle TV en attendant d’avoir un lit de prêt. Grâce au staff très sympa, ce fut fait vers 8:30, après mon 2ème petit déjeuner (inclus et à volonté jusqu’à 13h00), au bar de l’auberge. Je ne sais pas vraiment comment vous raconter Cuzco. Bon, alors, mettons de l’ordre :

1) Dimanche-mercredi, ou l’avant Janyce-au-Machu-Picchu / Erika-à-l’hôpital (ne vous inquiétez pas, elle va bien !) : promenades à la découverte de Cuzco, avec Allison et Paulo le dimanche, avant qu’ils ne prennent l’avion pour Lima. Première et deuxième visites du Musée du Chocolat (mmm !), musée des plantes médicinales et magiques – ou l’ode à la feuille de coca, musée Inca, marchés artisanaux et marché central (aaah, ce ceviche, qu’il était bon ! Et le smoothie à la banane !), des rues qui montent et qui descendent, et toujours cette côte horrible pour retourner à l’auberge. Le souci, c’est que le « rhume » (la pneumonie en puissance oui !) d’Erika n’a fait qu’empirer, à tel point que mercredi, jour où nous devions partir pour le Machu Picchu, elle ne pouvait plus du tout se lever : la totale, bronchite, fièvre, mal de l’altitude … Tout.

2) Mercredi-jeudi, ou le Machu Picchu : je suis donc partie seule, malheureusement, abandonnant Erika à son sort (je m’en veux), pour Ollantaytambo, où je devais prendre le train pour Aguas Calientes, la ville au pied du Machu Picchu. Je me suis retrouvée avec une brésilienne (nous nous sommes plutôt bien comprises en Franglishportugnol), à grimper une montagne pour aller voir des ruines incas de plus près, et accessoirement, pouvoir profiter de cette vue sur Ollanta :


Le trajet en train était particulièrement beau, et Aguas Calientes, même si très touristique, est une petite ville agréable coincée entre deux montagnes, au dessus de la rivière. Jeudi matin, lever à l’aube, pour prendre le bus vers 6:30 et voir le soleil se lever sur les ruines du Machu Picchu. Je suis bien heureuse qu’on n’ait pas décidé de grimper les marches jusqu’en haut, la descente m’a paru bien assez éprouvante au retour à 16:00 ! on a pu profiter de 2:30 de visite avec un très bon guide (qui a pris de nombreuses photos de nous, pour que nos mères sachent que nous allons bien !). Puis je me suis perdue (littéralement) : je voulais aller au pont de l’Inca, je suis montée à la Puerta del Sol … Une grosse heure de marche sous le soleil, que je ne regrette finalement pas, tant la vue était incroyable.

Et puis, j’ai trouvé le pont ensuite ! On peut voir autant de photos que l’on veut, la réalité est tout simplement indescriptible. C’était magique ! Et épuisant. J’ai cru qu’on ne retrouverait jamais Aguas Calientes en fin d’après-midi.

 

 

Mais nous sommes finalement rentrées à bon port, au Loki, vers 22:30. J’ai retrouvé ma chambre vide (Erika étant en train de se faire soigner correctement à la clinique), si ce n’est pour David, anglais, qui partait fêter son anniversaire … Bon, eh bien, je me reposerais plus tard (ce qui a finalement voulu dire lundi …) !

3) Vendredi-lundi : en réalité, j’étais vraiment inquiète pour Erika, ce qui fait que toute l’auberge a vite été au courant de son état. Oui, à chaque nouvelle tête rencontrée, je racontais ma vie, et plus précisément : « mon amie est malaaaaade, elle doit rentrer de l’hôpital, je ne sais pas quoi faiiiire ». Enfin, Erika est revenue en fin d’après-midi vendredi, et donc je passais vérifier régulièrement qu’elle allait bien / respirait, tout en découvrant les joies de connaître l’ensemble des gens travaillant au bar (vous avez le droits de me jeter des pierres si vous me considérez comme une mauvaise copine. Je m’en voulais, régulièrement.). Et en attendant qu’Erika se sente d’aplomb pour voyager de nouveau, j’en ai profité pour faire de nouvelles connaissances, continuer à visiter cette ville qui me plaisait vraiment, et à manger tout ce qui me passait sous la main (aaah, les énormes épis de maïs accompagnés de fromage, et la fondue au chocolat, lors de ma troisième visite au musée qui lui est consacré) …

Bref, finalement, lundi, Erika se sentait mieux, donc on est partie (enfin), pour des contrées moins élevées, et moins peuplées : Cuzco a bien failli nous épuiser complètement, l’une et l’autre, chacune à sa manière ! Donc 17h de bus, direction Ica, ou plus précisément Huacachina, une oasis toute proche de la ville. Et quand je dis oasis, c’est exactement ce que vous imaginez : une lagune, des palmiers, coincés entre les dunes de sable blanc ! Et bien sûr, restaurants, auberges et piscines. Nous nous y sommes bien reposées mardi, et Erika m’a eu l’air assez soulagée de pouvoir de nouveau marcher et respirer en même temps ! Et mardi, un aller-retour à Nazca pour effectuer un vol (bref mais intense … On n’a pas vomi dans le coucou de 6 places, exploit !) au dessus des lignes et dessins nazca. Je pense qu’aucune de mes photos n’est bonne, mais je suis très heureuse d’avoir pu voir ça, c’est assez incroyable (et plutôt inconcevable quand on pense que ces dessins à l’air libre, sur le sol, ont des milliers d’années !). Bon, le retard de 4h a un peu terni mon enthousiasme, mais quand l’avion a décollé, j’ai retrouvé tout l’empressement que j’avais perdu dans la salle d’embarquement.

Directement après cela, nouveau bus, 16h de trajet, pour Tacna, tout au sud, dans le desert, puis un autre, pour Arica, au Chili, au bord du Pacifique, d’où je vous écris ce soir. 🙂

 

Pour info, vous pouvez lire la version des faits, vecus par Erika, sur le blog anglais !

Intervention 3 : les récits

Voici quelques récits, et quelques dessins, que nous avons eu le plaisir d’entendre à La Paz. J’ai simplement retranscrit ce que les élèves avaient écrit, en corrigeant les petites fautes, et si besoin était, la syntaxe. Je dois vous dire que je n’ai pas eu de grandes modifications à faire : ils se sont vraiment appliqués ! Je n’ai pas eu le temps de tout taper, donc certains dessins sont encore orphelins d’histoires … Je vous laisse découvrir les contes de Bolivie !

Chez Lydia (Rafaela Vasquez, Alejandra Alvayero, Daniela Rojas, Valeska de Cordenas)

Légende de la Kantuta (Annelise Choque, Lilian Zeballos, Anvi Quispe)

La légende de la Kantuta, par Annelise, Lilian, et Anvi

L’Inca qui a dominé à l’époque était le plus imposant, cruel et sanguinaire de tous les Incas qui avaient régné sur l’empire. L’Inca visitait chaque année, en hiver, le sanctuaire de Copacawana. Et à cette occasion, il emmena dans ce voyage sa fille dont la beauté et la vertu s’étaient propagées dans tout l’empire. La jeune fille qui, pour la première fois, accompagnait son père dans ce long voyage, vit, à leur arrivée, au bord du lac, un beau jeune homme d’origine plébéienne dont elle tomba amoureuse. Son nom était Kento, et lui aussi, tomba amoureux de la jeune fille immédiatement. Durant tous ce voyage, ils vécurent cachés, car l’Inca n’approuverait jamais leur amour.
Un jour, des messager arrivèrent apportant des nouvelles réclamant leur retour immédiat. La princesse entendit cela, et se rendit de nuit chez Kento pour établir un plan qui empêcherait leur séparation. Malheureusement, la jeune fille tomba dans un fossé rempli de grandes épines qui la transpercèrent. Avec la rosée du matin, de nombreuses feuilles vertes germèrent sur les buissons, que les rayons du soleil éclairèrent à l’aube.
Quand on trouva le corps sans vie de la jeune fille, elle était entourée d’une plante aux fleurs inconnues, que l’on nomma Kentu-uta pankara (« maison de fleur de Kento »).
Ces fleurs représentent le vert des champs, le jaune des premiers rayons de soleil et le sang rouge vif de la noble jeune fille, qui ne disparut jamais. Kentu fit le deuil de son amour toute sa vie, et la fleur existe encore aujourd’hui, portant le nom de Kantuta. C’est la fleur nationale de Bolivie, dont le drapeau porte les mêmes couleurs.

Le Renard et Le Condor (Denise Achata, Julia Colodro, Grecia Valdez, Paola Gutierrez)

La rue Jaen (ou La Croix Verte)

La Rue Jaen, par Arnold, Fabiana, Alfonso, et Mariana

La légende raconte que dans l’époque de la colonie, les personnes qui étaient pendues sont passées sur la rue jusqu’à arriver à la place Murillo et faisaient des tours. Et dans cette époque, les personnes qui habitaient près de la rue entendaient des carrosses et regardaient des fantômes.
Plus tard, ils ont créé une croix verte qui fit peur aux esprits de la mort.

Wiracocha 2

La légende de la pomme de terre, ou Wiracocha, par Pablo, Maria Cristina, Bruno et Adriana

Dans l’altiplano, il y avait une ville prospère qui a été envahie par un empire pour 15 ans. Un jeune qui s’appelait Choque a fait l’escalade d’une montagne et il rencontre un condor blanc, qui était Wiracocha. Il a donné à Choque des graines que le peuple de Choque devait manger. C’était des racines de pomme de terre ! L’empire qui les avait envahis a mangé le fruit empoisonné et le peuple de Choque l’a vaincu.

Le Pont du Diable

Le pont du diable

Nous allons raconter un petit conte sur un pont qui s’appelle le pont du diable. Ce pont se trouve à la sortie de Potosi. Potosi, cet une ville au sud de la Bolivie très riche à cause de la montagne d’argent connue dans tout le monde, exploitée par les espagnols, qui s’appelle « Cerro Rico de Potosi ».
Un jour, un homme voulait retourner chez lui mais il ne pouvait pas parce que le pont était tombé par terre. L’homme était fâché pendant beaucoup d’heures, alors, après avoir crié et pleuré, le diable a entendu que l’homme se plaignait. Donc il lui a proposé qu’il lui donne son âme à la place de reconstruire le pont. Le diable commence à construire le pont jusqu’à ce qu’il lui manque une seule brique, car un ange s’est assis sur la brique et le diable ne pouvait pas la ramasser et l’homme s’est sauvé de donner son âme au diable.

Le pont de Potosi, par Angel, Hugo et Edwards

Il y a très longtemps, était un garçon dont l’occupation était mineur. Un jour de plus, il a décidé d’aller au Cerro rico à Potosi pour travailler, mais s’est trouvé dans une situation dangereuse et difficile. Il s’est perdu, et ne pouvait pas trouver le chemin, quand il regarde (rencontre) le diable, « le Tonton ». Il a pensé que c’était sa fin, mais il a pensé à sa famille et a pu trouver le chemin à la mine où il trouve un grand tas d’or, et il s’en alla heureux avec sa famille.

Les feuilles de coca (Ilaren Espinoza, Lucia Ledezma, D. Cortez)

Le chat noir et le diable, par Diana, Mariana, Natalia, Diana, maria Paula et Ariel

Les sorcières de Bolivie disent que c’est bien d’avoir un chat noir à la maison. Pour éviter d’entrer, le chat dit au diable : « Tu ne peux pas entrer dans ma maison. » et le diable lui dit : « Oh, s’il te plaît ! » Alors, si le diable veut rentrer, le chat lui demande de compter les poils de sa queue, et quand le diable commence à compter, le chat bouge sa queue.

Intervention 3 : Les deux séances

Séance 1 :
Date : mercredi 26 septembre 2012
Lieu : Alliance française, La Paz, Bolivie
Niveau : 1e et 2ème années de français
Nombre d’élèves : 28
Durée : 1h30
Mythe raconté : l’histoire de Dédale
Nombre d’histoires récoltées : 8

Séance 2 :
Date : jeudi 27 septembre 2012
Lieu : Alliance française, La Paz, Bolivie
Niveau : 3e et 4e années de français
Nombre d’élèves : entre 15 et 20
Durée : 1h30
Mythe raconté : la fondation de Rome
Nombre d’histoires récoltées : 6

Il y a trois semaines, nous avons réussi à prendre contact avec l’Alliance française de La Paz : très rapidement, nous nous sommes mis d’accord sur deux dates, mercredi et jeudi, pour intervenir avec deux groupes différents. La rapidité de leur réaction et leur intérêt nous ont beaucoup touchées. Le groupe de mercredi était composé de trois classes de débutants (les élèves avaient environ 12 / 13 ans), tandis que jeudi, nous travaillions avec des élèves plus avancés en français, et donc plus âgés. À l’origine, le projet ne vise pas des ados, mais cela a été très intéressant de voir de quelle manière nous pouvions nous adapter à ce nouveau public.

Prenons les choses dans l’ordre : la séance de mercredi, avec nos 28 élèves en début d’apprentissage du français. Au premier abord, ceux-ci nous paraissent beaucoup plus timides que les élèves de Paraná. Moins dissipés, pour sûr, mais plus difficiles à faire parler ! Enfin, heureusement pour nous, les langues se sont peu à peu déliées. Nous avons fait le choix de présenter la séance en français (en étant prêtes à passer à l’espagnol si besoin – ce qui n’a pas eu lieu), et ils m’ont eu l’air d’avoir bien compris notre introduction et la portée de cette « leçon ». En revanche, cela a été un peu moins facile pour suivre le mythe : nous avions choisi l’histoire complète de Dédale, qui se poursuit bien après la mort d’Icare. Nous l’avions adaptée de façon à ce qu’ils puissent comprendre l’intrigue, mais nous nous sommes rendues compte sur le fait que la fin n’était pas si aisée à intégrer, avec le défi lancé par Minos, et le duel entre les rois de Sicile et de Crête. Mais nous pouvions compter sur le dessin et sur les talents de conteuse et de mime d’Erika, et finalement, nous nous en sommes sorties.
Nous avons tenté d’entamer une discussion afin de savoir ce qu’ils avaient compris, s’ils avaient des questions ou si l’histoire leur avait plu, mais nos questions sont restées en suspend : ils étaient encore un peu intimidés ! Un des professeurs nous a d’ailleurs à cette occasion donné quelques conseils (plus que bienvenus, afin d’améliorer nos interventions), que nous suivront sûrement à l’avenir face à un tel groupe : nous arrêter au cours du récit pour vérifier que les élèves comprennent bien l’avancée de l’histoire ; les faire discuter en petits groupes avant de les faire participer à haute voix pour qu’ils aient plus confiance … Nous nous en souviendrons !
Enfin, quand ce fut à leur tour de participer, nous avons dû faire face à encore quelques petites réticences, mais le travail en groupe à motiver les plus timides ! Petit à petit, chaque groupe a trouvé le récit qu’il souhaitait raconter, et même s’est finalement mis à l’illustrer (sur le tableau parfois). La plupart d’entre eux se sont appliqués à le rédiger en français (avec l’aide de leur professeur … Ils se cachaient quand nous nous approchions !). Puis chaque groupe est finalement passé face à la classe, à la suite d’une jeune fille qui nous a raconté une belle histoire qu’elle tenait de sa famille. Nous avons entendu un grand nombre d’histoires locales (beaucoup plus qu’en Argentine), que nous partagerons dans un autre article, promis !

Quant à la séance de jeudi, nous ne savions pas vraiment comment l’appréhender : le groupe était plus avancé en français, certes, mais aussi plus âgé. Ils avaient jusqu’à 15 ans. Nous avons ainsi eu moins de problème de compréhension, mais il était plus difficile de les intéresser. À 15 ans, on ne pense pas particulièrement aux contes et légendes, non ? Et effectivement, la dynamique était bien différente. Mais là encore, après un bon moment de silence (encore plus long que la veille), tous se sont prêtés au jeu, et ont finalement participé avec entrain.
Nous avions choisi le mythe de la fondation de Rome, pour l’intérêt historique qu’il présente, mais aussi pour la beauté du récit. Nous avons répondu à quelques petites questions, toujours timides, avant qu’ils ne se mettent en groupes et partagent avec nous leurs récits, en français. Nous avons eu 2 versions d’une histoire intitulé « la Croix Verte », et une nouvelle version de la légende du pont de Potosi, que nous avions entendue la veille. C’est très intéressant d’entendre deux groupes raconter la même histoire, car finalement, chacun le restitue de manière personnelle. Là encore, dans un prochain article, nous les diffuserons ici, avec les quelques dessins récoltés : certaines histoires nous ont paru vraiment inédites, tandis que d’autres ressemblent à des récits que nous connaissons. Vous verrez !

À très bientôt, pour les divers récits, et sûrement un compte rendu de la fin de nos pérégrinations en Bolivie (ah oui, là, on est à Cuzco, Pérou !) !

Life on Mars

Cela fait maintenant 10 jours que nous sommes dans les Andes, et nous ne faisons que grimper depuis Salta. On a d’ailleurs changé de pays dimanche : nous explorons maintenant la Bolivie. Je vous écris de Potosi, une ville charmante, qui a la particularité d’être la ville la plus haute du monde ! 4070 mètres d’altitude, ça se sent, quand on vient de la plaine. Mais ça va, nous supportons plutôt bien l’altitude, nous devons juste nous arrêter pour respirer tous les quatre pas. À part ça, et le rhume persistant d’Erika, nous allons bien.
20120921-102344.jpg
Alors, que s’est-il passé ces derniers jours ? Beaucoup de montagnes, pas mal de marche, une légère insolation pour moi (une bonne nuit de sommeil et un litre de sprite y ont remédié), des paysages magiques, une nouvelle frontière traversée à pied, 12 bus, un taxi qui roulait à gauche, pas mal de nouvelles spécialités culinaires.

Prenons les choses dans l’ordre. Après Salta, nous sommes montées à Tilcara, où nous avons fait un peu de randonnée, à la découverte de la Garganta Del Diablo (non, pas la cascade d’Iguazu, il faut suivre, mais le canyon d’à côté), et d’une Pukara (forteresse pré-hispanique). C’était très beau, et surtout, assez drôle pour une raison : il y avait à côté un jardin botanique de haute montagne (donc plein de cactus), dans lequel on pouvait trouver une pierre volcanique qui sonnait comme une cloche quand on tapait dessus. J’aimerais pouvoir vous montrer la vidéo, mais internet, ici, c’est pas encore tout à fait ça … Nous sommes aussi allées admirer le coucher de soleil au dessus des sommets colorées de Purmamarca : c’était tout simplement magique de voir ces montagnes rouges, vertes, jaunes, violettes … frappées par les rayons du soleil. On se serait crues sur une autre planète. Puis, nouveau bus pour se rendre encore plus au nord, à Humahuaca, en pleine fête de la Virgen Del Milagro. Je me suis donc brossée les dents sous un feu d’artifice ce soir-là.
20120921-102542.jpg
20120921-103410.jpg
Et samedi, nous avons décidé d’aller visiter Iruya, à 70 km de là. Mais ce n’était pas aussi simple : on grimpe dans le bus, en sachant pertinemment que le trajet allait durer 3 heures … Oui, 3 heures ! Car sur les 70 km de trajet, 50 se faisaient sur une piste non goudronnée au milieu des montagnes. En tout cas, le voyage en valait la peine (plus pour les paysages impressionnants, les lamas sauvages et le chemin que pour le village en lui-même, tout au bout de la piste). Enfin, nous étions bien heureuses d’arriver à l’auberge le soir quand meme !

Dimanche était un grand jour : non seulement nous changions de pays, mais ce jour marquait aussi notre premier mois de périple. C’est fou ! D’un côté, on ne l’a pas vu passer, mais de l’autre, nous avons fait tellement de choses, rencontré tellement de gens, que nous avons eu l’impression d’être restées des mois en Argentine. Bon, on ne va pas s’étaler hein, donc passons aux choses intéressantes : la Bolivie ! Aucun problème pour passer la frontière, et une rencontre sympathique avec un couple d’anglais avec qui nous aurons finalement passé quelques jours. Nous ne voulions pas rester à Villazon (la ville frontalière), donc nous avons partagé une sorte de taxi collectif pour nous rendre à Tupiza, plus sympa. Là encore, pas mal de marche sous le soleil, pour passer la Puerta Del Diablo, et escalader un peu le Canyon de l’Inca pour y pique-niquer. Le plus drôle dans l’histoire, c’est que nous avons décidé d’y aller sans guide : nous avons compris pourquoi il en aurait peut-être fallu un quand on nous a annoncé : « vous tournez à droite après la piscine, et là, vous suivez les empreintes de chevaux. »

Et mardi, départ en jeep vers Uyuni avec nos anglais, un guide, une cuisinière et leur petite fille toute timide. La route était là encore très belle (même si les arrêts touristes – photos ne sont pas notre tasse de thé). Nous dormions à Colchani, dans une auberge plus que rudimentaire (pas de chauffage, pas d’eau chaude, je ne décris pas les toilettes, et coupures de courant), mais ce n’était pas grave : le
coucher et le lever de soleil (oui, réveil à 5h mercredi, mais la beauté du ciel étoilé a rendu l’expédition toilettes supportable) sur le salar d’Uyuni nous ont fait oublier tout inconvénient ! une étendue immense, d’un blanc éclatant, jusqu’au pied des montagnes lointaines. Du sel à perte de vue. Et un ciel sans nuage. Les montagnes au loin semblaient flotter à cause des mirages causés par la réflexion du soleil sur le sol. Et au milieu de tout ce blanc, la Isla Del Pescado, îlot peuplé de cactus, où nous avons pris un énorme petit déjeuner. Il faisait froid, tant que la nuit était là, surtout à cause du vent permanent.

20120921-104326.jpg

Vous pouvez normalement voir quelques photos en cliquant ici.
À 11:30, nous avons dit au revoir à nos compagnons de voyage, pour sauter dans le bus en direction de Potosi, où nous avons majoritairement mangé et déambulé depuis hier.
Demain, départ pour Sucre, donc à bientôt pour de nouvelles aventures !

Je n’ai malheureusement pas la possibilité de vous mettre plus des photos de qualité (il n’y a pas de port USB sur les ordis de l’auberge, et j’écris depuis mon téléphone). Mais faites un tour sur la page Facebook si vous pouvez, ou sur Twitter, j’essaye de poster quelques photos de temps en temps. Dès que nous trouvons une
connexion et un ordi corrects, on remédie à cela ! En attendant, allez écouter David Bowie. 🙂