Non, ce n’est pas une oeuvre méconnue d’Hésiode.

Un Odieux Connard nous raconte cette grande oeuvre cinématographique qu’est La Colère des Titans. Et c’est vraiment drôle !

Attention, si vous tenez à voir ce film, ne lisez pas l’article, il le raconte du début à la fin. En revanche, si c’est la mythologie grecque qui vous intéresse, c’est bon, vous pouvez y aller tranquillement, mis à part les noms des dieux et des héros, il n’y a pas grand chose d’authentique dans cette histoire !

“Sam, Sam !“

L’homme en costume éponge d’un geste pataud la sueur qui barre son front, jetant un coup d’oeil discret vers la piscine à côté de lui dont l’eau claire semble l’appeler plus sûrement que la sirène le marin. Mais les rafraîchissements attendront : dans l’immédiat, il se dirige en soufflant vers le type dans la chaise longue occupé à bronzer sous le soleil de Californie ; arrivé à son niveau, il lui tend un paquet de feuillets déformés là où ses doigts poisseux se sont posés.

“Sam, nouveau rôle pour toi ! Lis-moi ce script, tu vas a-do-rer.“

Ouvrant un oeil, Sam Worthington se redresse en réajustant son caleçon de bain kaki, puis attrape les papiers d’un geste sec avant de se plonger dans leur lecture en prononçant chaque syllabe avec difficulté.

“A… va… teur… tar ? C’est un gros mot ?”

La suite, ici.

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Une histoire de poisson.

Connaissez-vous l’histoire d’Amias, le berger fougueux qui fut métamorphosé en poisson ? Peu d’auteurs la relatent … Mais comme on est sympa, nous vous la raconterons ici aujourd’hui.

Amias était un jeune berger béotien, qui, tous les jours, conduisait ses troupeaux dans les vastes clairières aux abords du Céphise, le long fleuve qui traversait sa ville natale, Parapotamies. Laissant ses moutons paître tranquillement, Amias passait ses journées à rêvasser, compter les nuages, jouer des airs champêtres sur la petite flûte de bois qu’il avait façonnée avec application. Bref, il s’ennuyait un peu, quand même … Un matin de printemps, il remarqua qu’un petit agneau s’était éloigné de sa mère, et avait disparu dans les fourrées. Alors Amias partit à sa recherche. Il ne pouvait être bien loin, il était si jeune encore ! Il espérait que quelque bête sauvage ne l’avait pas trouvé avant lui : son père serait furieux s’il apprenait qu’un petit avait été dévoré par un loup sous sa garde. Il le trouva rapidement, au détour d’un chemin, sur la rive sablonneuse du fleuve. L’animal paraissait un peu étonné face à la puissance du cours d’eau. Amias allait le récupérer quand une vision l’arrêta net, et le fit reculer de nouveau sous le couvert des arbres. A quelques pas de là, une superbe jeune fille se baignait dans l’eau claire et fraîche du fleuve. C’était Thalakomé, la plus jeune fille de Céphise, la plus belle aussi (motif récurrent s’il en est), qui faisait ses ablutions sous le chaud soleil matinal. Amias ne pouvait plus la quitter des yeux tant sa beauté rayonnante l’éblouissait. N’écoutant que son désir, et perdant par la même occasion toute sa raison, le berger bondit hors de sa cachette, et se précipita en direction de la Naïade. Celle-ci, effrayée par l’irruption soudaine du jeune homme, s’enfuit vers la rive opposée. Les eaux de son père (oui, bon, c’est quand même bizarre cette histoire : elle pourrait se laver dans la rivière voisine !) la portait au devant de son poursuivant. Mais il était vigoureux et déterminé, et nageait si rapidement qu’il fut sur le point d’attraper un de ses petits pieds blancs. Voyant cela, elle appela son père :

« Père, père, fais quelque chose d’utile, mince ! Il va m’attraper ! »

Immédiatement, Céphise réagit : personne ne touchera à ses filles, non mais oh ! Et soudain, Amias sentit son corps se rapetisser et s’aplatir, ses jambes se souder l’une à l’autre, ses bras devenir fins et transparents, son agilité dans l’eau augmenter, et surtout, sa capacité à respirer à l’air libre disparaître. Le fleuve venait de le transformer en truite. Alors il plongea, et entendit Céphise se moquer :

« Amias, tu voulais avoir Thalakomé, et bien, maintenant, tu vivras dans les eaux de son père. Au moins, comme ça, je t’aurai toujours à l’oeil ! »

Ainsi, depuis ce jour, une nouvelle espèce de poisson peupla le fleuve béotien, et parfois encore, on peut voir une truite bondir hors de l’eau … Enfin, surtout le matin, quand il fait beau.

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