L’exposition : l’Océanie

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Kumara.

Vous souvenez-vous de la legende de l’origine de la pomme de terre que nous avons entendue a La Paz ? Pour vous rafraichir la memoire, la voici :

Un peuple pacifique des Andes fut un jour envahi par les belliqueux Karis, et tous les habitants furent reduits en esclavage. Un jeune homme nomme Choque, qui refusait de voir son peuple ainsi traite, appela les dieux a l’aide. Ceux-ci lui indiquerent qu’il devait escalader une haute montagne a proximite, s’il voulait les sauver. Il se mit alors en route, et au sommet, il rencontra un immense condor blanc, Wiracocha. Celui-ci lui offrit des graines, et lui expliqua comment les planter, et s’en nourrir : uniquement les racines de la plante pouvaient etre mangees. Choque retourna dans son village,et fit ce que le condor lui avait dit. Lorsque les Karis decouvrirent ces plantations, ils les confisquerent, firent un festin des tiges, des feuilles et des fleurs de ces plantes inconnues et ne laisserent que les racines. Ils ignoraient completement qu’ils venaient de s’empoisonner. Tous moururent, et c’est ainsi que le peuple de Choque fut de nouveau libre, et prospera encore plus grace a la nourriture abondante apportee par les racines de la plante du condor. C’est ainsi que la culture de la pomme de terre debuta.

 

Eh bien il semble que les Maoris ont aussi un mythe expliquant l’origine d’un de leurs aliments de base, la kumara, une sorte de patate douce. Selon la legende, le dieu Rongo-Maui se serait envole dans le ciel pour aller a la rencontre de son frere Wahnui, gardien de cette plante divine. Rongo-Maui la lui deroba, la cacha dans ses vetements et retourna sur terre pour y retrouver son epouse, Pani. Peu de temps apres, celle-ci tomba enceinte, et un jour, elle donna naissance a Kumara. C’est ainsi que la patate douce, si importante pour les peuples du Pacifique, fut offerte aux hommes.  

Quand on y pense, cette histoire rappelle celle de Promethee donnant le feu aux hommes, non ?

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Desolee, je suis sur un ordinateur sans accent, ni correcteur orthographique en francais…

Aotearoa

Cela fait un moment que je suis a Christchurch. Il serait peut-etre temps que je vous raconte la legende expliquant la naissance des iles formant la Nouvelle-Zelande, non ? Voyons donc ce qu’en disent les Maoris !

« Oh the great fish hook of Maui!
Manai-i-ka-lani ‘Made fast to the heavens’–its name;
An earth-twisted cord ties the hook.
Engulfed from the lofty Kauiki.
Its bait the red billed Alae,
The bird made sacred to Hina.
It sinks far down to Hawaii,
Struggling and painfully dying.
Caught is the land under the water,
Floated up, up to the surface,
But Hina hid a wing of the bird
And broke the land under the water.
Below, was the bait snatched away
And eaten at once -by the fishes,
The Ulua of the deep muddy places. »

–Chant of Kualii, about A. D. 1700.

Il y a fort longtemps, quelque part dans le Pacifique, vivait un demi-dieu nomme Maui. Pour nourrir les siens, maui et ses freres partaient souvent en mer sur leur canoe (waka) pour pecher. Maui n’etait pas un bon pecheur. Mais il etait ruse. Il parvenait toujours a subtiliser les poissons au bout des lignes de ses freres. Un jour, ceux-ci finirent par s’en rendre compte, et deciderent de se venger : ils l’empecherent de venir pecher a leurs cotes. Maui alla alors demander de l’aide aupres de sa mere, et celle-ci lui fournit un hamecon magique. Maui se cacha dans le canoe de ses freres, et lorsque ceux-ci le decouvrirent, ils se trouvaient trop loin du rivage pour le ramener : grace a ses pouvoirs – Maui etait un demi-dieu, ne l’oublions pas, il avait fait en sorte que l’ile paraisse plus eloignee qu’elle ne l’etait en realite. Alors ils continuerent a pagayer, et Maui plongea son hamecon magique en pleine mer, du bord du canoe. Apres quelques minutes, il sentit qu’il avait une touche. Mais ce n’etait pas une prise ordinaire. Ce poisson etait bien plus gros et bien plus puissant que tous ceux jamais peches dans ces eaux. Maui appela ses freres a l’aide ! Apres de longues minutes a tirer, a tirer, ils reussirent a sortir la bete de l’eau. Et a leur grande surprise, ce poisson, Te Ika a Maui (le poisson de Maui), etait une ile. Maui venait de sortir l’ile du nord de l’ocean. Il craignit alors d’avoir offense les dieux par ce geste, donc il demanda a ses freres de l’attendre pendant qu’il tentait de les apaiser. Cependant, durant l’absence de Maui, les freres commencerent a se disputer cette nouvelle terre : chacun desirait la posseder. Au cours de cette dispute, ils sortirent leurs lances, et les coups portes sur l’ile creerent les vallees et montagnes de la Nouvelle-Zelande.

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Si l’on regarde une carte de la Nouvelle-Zelande, on peut ainsi se rendre compte que l’ile du nord a la forme d’une raie, le poisson peche par Maui, et que l’ile du sud, Te Waka a Maui ressemble a un canoe, celui des freres de Maui. Enfin Stewart island, petite ile tout au sud, est connue comme Te Punga a Maui (l’ancre de Maui), car c’est grace a elle que le canoe ne s’est pas renverse.

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Et si vous vous demandez ce que signifie Aotearoa, c’est le nom maori de la Nouvelle-Zelande. Selon la legende, Kupe, un navigateur venu de Hawaiiki, terre des Maoris, aurait tue son cousin car il desirait son epouse. Il etait lui-meme marie, et pour echapper au chatiment qui lui etait reserve suite a ce crime, sa famille et lui-meme durent fuir leur ile. Apres des jours a ramer, ils decouvrirent une ile magnifique, que Hina, l’epouse de Kupe, nomma Aotearoa, la Terre du Long Nuage Blanc. Apres diverses aventures et l’exploration des multiples iles, Kupe retourna a Hawaiiki pour avertir son peuple de l’existence de cette terre riche et libre, et leur expliquer le chemin pour s’y rendre.

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Desolee, je suis sur un ordinateur sans accent, ni correcteur orthographique en francais…

Intervention 5 : Auckland est multiple

Tout d’abord, je voudrais remercier Mme Stéphanie Anish d’avoir accepté de nous laisser intervenir dans son école, et les différents professeurs qui nous ont accueillies.

Lundi 12 novembre, nous sommes intervenues à école primaire Richmond Road school dans le quartier de Posomby, à Auckland. Nous étions parties pour faire deux séances dans la section française de l’école, mais grâce à l’aide du professeur avec qui nous étions rentrées en contact, Vesna Nikolic-Ivanovic, nous avons pu partager nos histoires avec de jeunes Maoris et Samoans. L’école est en effet divisée en quatre sections : kiwi, maori, samoan et français (les trois dernières étant bilingues). Ce fut vraiment une très belle journée, pleine de rencontres et de contes.

Donc à 9:15, première session avec les « senior » (8-10 ans) de la classe de français d’Elizabeth Diaz à qui nous avons raconté le mythe d’Orphée et d’Eurydice. Les enfants la connaissaient presque tous, et ont très bien réagi : ils n’hésitaient pas à poser de nombreuses questions, et se sont lancés dans l’illustration de leur récit avec enthousiasme. Dans cette classe, nous avons pu écouter le récit de Persée (enfin, Percy Jackson … Je pense que nous devrons voir ce film un jour, tous les enfants nous en parlent !), des trois petits cochons, … Finalement, leurs récits nous ont bien rappelé ceux que nous avons entendu en France, si ce n’est pour l’histoire locale de Maui, qui explique la naissance de l’île du nord.
L’intervention suivante a eu lieu avec les enfants de 6/7 ans de la classe de Vesna. Un peu plus réservés, et connaissant moins la mythologie grecque, les enfants ont beaucoup apprécié l’histoire de Midas et de ses oreilles d’âne. C’est un mythe amusant, qui les a bien fait rire ! Les enfants, eux, auraient tous choisi Apollon comme vainqueur du concours de musique, et la plupart, comme le barbier, n’auraient pas réussi à garder le secret du roi. Comme nous n’avions qu’une heure à passer avec eux, nous n’avons malheureusement pas pu entendre tous les groupes. Mais ils nous ont tout de même raconté, entre autres, les contes de Blanche-Neige et de Cendrillon, et l’histoire de la résurrection de Jésus.

Grâce à l’aide de Vesna, qui en un quart d’heure est parvenue à tout organiser pour nous, nous avons ensuite pu, après le déjeuner, rencontrer quelques élèves de la section maorie pour 45 minutes : ce fut bref, mais vraiment intéressant et très sympathique, grâce à l’envie des enfants d’écouter notre histoire, et leur enthousiasme à l’idée de partager les leurs. Après avoir retiré mes chaussures (tous sont pieds nus : les Maoris on coutume de se déchausser quand ils entrent quelque part), comme nous n’avions pas beaucoup de temps, je leur ai raconté à eux aussi l’histoire d’Orphée (tout comme aux petits Samoans ensuite), et nous ne les avons pas fait dessiner. C’est ainsi qu’ils ont spontanément proposé d’improviser des saynètes pour rendre leur récit plus vivant. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils y sont très bien parvenus ! Le premier nous a rejoué le récit de la descente aux enfers du poète pour retrouver Eurydice, de manière très comique. Nous avons tous bien ri. Puis une histoire d’horreur (apparemment un fait divers local), et deux mythes typiquement maoris.
Après cela, les enfants ont insisté pour nous faire un haka : je dois dire que ça m’a touchée de les voir si empressés. Je suis sûre qu’ils avaient très envie de nous terroriser … Et c’est vrai que, même dansé par des enfants de 9 ans, c’est impressionnant. Nous avons malheureusement dû partir rapidement pour rencontrer les petits Samoans avant que la journée ne se termine. Nous avons été accueillies par une chanson traditionnelle de bienvenue, et là encore, comme toujours, les enfants ont écouté notre histoire avec beaucoup d’attention. En revanche, ils ont semblé avoir plus de problème pour la deuxième partie de l’intervention : ils connaissaient quelques histoires, mais finalement pas assez bien pour pouvoir les raconter. Leur jeune âge (6/7 ans) et leur timidité expliquaient cela en partie. Mais ils avaient lu quelques mythes dans leur apprentissage de la lecture, et avec l’aide de leur enseignante, chaque groupe a finalement trouvé un récit et s’est mis à l’illustrer. C’est ainsi que nous avons découvert les histoires de Lomi ma Lami, ou de Sina et Tinilau.
En discutant avec l’institutrice, après cette rencontre, nous avons été très heureuses de voir que cette expérience lui avait paru très utile : elle s’est rendue compte que le fait de raconter ces histoires pouvaient aider les enfants à les retenir plus efficacement qu’à la simple lecture. Le fait de réfléchir à la manière de formuler et de raconter oblige les enfants à se souvenir de manière plus précise de l’intrigue du récit et de l’enchaînement des péripéties. Bref, je suis contente de voir qu’on sert à quelque chose.

Veuillez m’excuser du délai de publication de ce compte-rendu : il est difficile d’obtenir internet gratuit dans ce pays, et le moins qu’on puisse dire, c’est que les tarifs sont élevés ! C’est pour cela que nous donnons malheureusement moins de nouvelles qu’en Amérique du Sud. Enfin, sachez tout de même que les paysages sont extraordinaires, et que nous passons un excellent séjour ici !