Intervention 5 : Auckland est multiple

Tout d’abord, je voudrais remercier Mme Stéphanie Anish d’avoir accepté de nous laisser intervenir dans son école, et les différents professeurs qui nous ont accueillies.

Lundi 12 novembre, nous sommes intervenues à école primaire Richmond Road school dans le quartier de Posomby, à Auckland. Nous étions parties pour faire deux séances dans la section française de l’école, mais grâce à l’aide du professeur avec qui nous étions rentrées en contact, Vesna Nikolic-Ivanovic, nous avons pu partager nos histoires avec de jeunes Maoris et Samoans. L’école est en effet divisée en quatre sections : kiwi, maori, samoan et français (les trois dernières étant bilingues). Ce fut vraiment une très belle journée, pleine de rencontres et de contes.

Donc à 9:15, première session avec les « senior » (8-10 ans) de la classe de français d’Elizabeth Diaz à qui nous avons raconté le mythe d’Orphée et d’Eurydice. Les enfants la connaissaient presque tous, et ont très bien réagi : ils n’hésitaient pas à poser de nombreuses questions, et se sont lancés dans l’illustration de leur récit avec enthousiasme. Dans cette classe, nous avons pu écouter le récit de Persée (enfin, Percy Jackson … Je pense que nous devrons voir ce film un jour, tous les enfants nous en parlent !), des trois petits cochons, … Finalement, leurs récits nous ont bien rappelé ceux que nous avons entendu en France, si ce n’est pour l’histoire locale de Maui, qui explique la naissance de l’île du nord.
L’intervention suivante a eu lieu avec les enfants de 6/7 ans de la classe de Vesna. Un peu plus réservés, et connaissant moins la mythologie grecque, les enfants ont beaucoup apprécié l’histoire de Midas et de ses oreilles d’âne. C’est un mythe amusant, qui les a bien fait rire ! Les enfants, eux, auraient tous choisi Apollon comme vainqueur du concours de musique, et la plupart, comme le barbier, n’auraient pas réussi à garder le secret du roi. Comme nous n’avions qu’une heure à passer avec eux, nous n’avons malheureusement pas pu entendre tous les groupes. Mais ils nous ont tout de même raconté, entre autres, les contes de Blanche-Neige et de Cendrillon, et l’histoire de la résurrection de Jésus.

Grâce à l’aide de Vesna, qui en un quart d’heure est parvenue à tout organiser pour nous, nous avons ensuite pu, après le déjeuner, rencontrer quelques élèves de la section maorie pour 45 minutes : ce fut bref, mais vraiment intéressant et très sympathique, grâce à l’envie des enfants d’écouter notre histoire, et leur enthousiasme à l’idée de partager les leurs. Après avoir retiré mes chaussures (tous sont pieds nus : les Maoris on coutume de se déchausser quand ils entrent quelque part), comme nous n’avions pas beaucoup de temps, je leur ai raconté à eux aussi l’histoire d’Orphée (tout comme aux petits Samoans ensuite), et nous ne les avons pas fait dessiner. C’est ainsi qu’ils ont spontanément proposé d’improviser des saynètes pour rendre leur récit plus vivant. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils y sont très bien parvenus ! Le premier nous a rejoué le récit de la descente aux enfers du poète pour retrouver Eurydice, de manière très comique. Nous avons tous bien ri. Puis une histoire d’horreur (apparemment un fait divers local), et deux mythes typiquement maoris.
Après cela, les enfants ont insisté pour nous faire un haka : je dois dire que ça m’a touchée de les voir si empressés. Je suis sûre qu’ils avaient très envie de nous terroriser … Et c’est vrai que, même dansé par des enfants de 9 ans, c’est impressionnant. Nous avons malheureusement dû partir rapidement pour rencontrer les petits Samoans avant que la journée ne se termine. Nous avons été accueillies par une chanson traditionnelle de bienvenue, et là encore, comme toujours, les enfants ont écouté notre histoire avec beaucoup d’attention. En revanche, ils ont semblé avoir plus de problème pour la deuxième partie de l’intervention : ils connaissaient quelques histoires, mais finalement pas assez bien pour pouvoir les raconter. Leur jeune âge (6/7 ans) et leur timidité expliquaient cela en partie. Mais ils avaient lu quelques mythes dans leur apprentissage de la lecture, et avec l’aide de leur enseignante, chaque groupe a finalement trouvé un récit et s’est mis à l’illustrer. C’est ainsi que nous avons découvert les histoires de Lomi ma Lami, ou de Sina et Tinilau.
En discutant avec l’institutrice, après cette rencontre, nous avons été très heureuses de voir que cette expérience lui avait paru très utile : elle s’est rendue compte que le fait de raconter ces histoires pouvaient aider les enfants à les retenir plus efficacement qu’à la simple lecture. Le fait de réfléchir à la manière de formuler et de raconter oblige les enfants à se souvenir de manière plus précise de l’intrigue du récit et de l’enchaînement des péripéties. Bref, je suis contente de voir qu’on sert à quelque chose.

Veuillez m’excuser du délai de publication de ce compte-rendu : il est difficile d’obtenir internet gratuit dans ce pays, et le moins qu’on puisse dire, c’est que les tarifs sont élevés ! C’est pour cela que nous donnons malheureusement moins de nouvelles qu’en Amérique du Sud. Enfin, sachez tout de même que les paysages sont extraordinaires, et que nous passons un excellent séjour ici !

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2 réflexions au sujet de « Intervention 5 : Auckland est multiple »

  1. A nouveau une séance très riche ! J’ai retrouvé la trace de Maoi sur la Wikipédia en français, où le nom est orthographié Maui (mais je suppose que c’est le même… ou alors une variante ?). Tinilau et Sina sont connus de la Wikipédia anglophone. En revanche, je ne trouve pas la moindre trace de Lomi ma Lami en ligne : ce sera à raconter à votre retour ! :-p

  2. Ping : Un bout de Pacifique | Les Aèdes Voyageurs

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