Intervention 3 : Les deux séances

Séance 1 :
Date : mercredi 26 septembre 2012
Lieu : Alliance française, La Paz, Bolivie
Niveau : 1e et 2ème années de français
Nombre d’élèves : 28
Durée : 1h30
Mythe raconté : l’histoire de Dédale
Nombre d’histoires récoltées : 8

Séance 2 :
Date : jeudi 27 septembre 2012
Lieu : Alliance française, La Paz, Bolivie
Niveau : 3e et 4e années de français
Nombre d’élèves : entre 15 et 20
Durée : 1h30
Mythe raconté : la fondation de Rome
Nombre d’histoires récoltées : 6

Il y a trois semaines, nous avons réussi à prendre contact avec l’Alliance française de La Paz : très rapidement, nous nous sommes mis d’accord sur deux dates, mercredi et jeudi, pour intervenir avec deux groupes différents. La rapidité de leur réaction et leur intérêt nous ont beaucoup touchées. Le groupe de mercredi était composé de trois classes de débutants (les élèves avaient environ 12 / 13 ans), tandis que jeudi, nous travaillions avec des élèves plus avancés en français, et donc plus âgés. À l’origine, le projet ne vise pas des ados, mais cela a été très intéressant de voir de quelle manière nous pouvions nous adapter à ce nouveau public.

Prenons les choses dans l’ordre : la séance de mercredi, avec nos 28 élèves en début d’apprentissage du français. Au premier abord, ceux-ci nous paraissent beaucoup plus timides que les élèves de Paraná. Moins dissipés, pour sûr, mais plus difficiles à faire parler ! Enfin, heureusement pour nous, les langues se sont peu à peu déliées. Nous avons fait le choix de présenter la séance en français (en étant prêtes à passer à l’espagnol si besoin – ce qui n’a pas eu lieu), et ils m’ont eu l’air d’avoir bien compris notre introduction et la portée de cette « leçon ». En revanche, cela a été un peu moins facile pour suivre le mythe : nous avions choisi l’histoire complète de Dédale, qui se poursuit bien après la mort d’Icare. Nous l’avions adaptée de façon à ce qu’ils puissent comprendre l’intrigue, mais nous nous sommes rendues compte sur le fait que la fin n’était pas si aisée à intégrer, avec le défi lancé par Minos, et le duel entre les rois de Sicile et de Crête. Mais nous pouvions compter sur le dessin et sur les talents de conteuse et de mime d’Erika, et finalement, nous nous en sommes sorties.
Nous avons tenté d’entamer une discussion afin de savoir ce qu’ils avaient compris, s’ils avaient des questions ou si l’histoire leur avait plu, mais nos questions sont restées en suspend : ils étaient encore un peu intimidés ! Un des professeurs nous a d’ailleurs à cette occasion donné quelques conseils (plus que bienvenus, afin d’améliorer nos interventions), que nous suivront sûrement à l’avenir face à un tel groupe : nous arrêter au cours du récit pour vérifier que les élèves comprennent bien l’avancée de l’histoire ; les faire discuter en petits groupes avant de les faire participer à haute voix pour qu’ils aient plus confiance … Nous nous en souviendrons !
Enfin, quand ce fut à leur tour de participer, nous avons dû faire face à encore quelques petites réticences, mais le travail en groupe à motiver les plus timides ! Petit à petit, chaque groupe a trouvé le récit qu’il souhaitait raconter, et même s’est finalement mis à l’illustrer (sur le tableau parfois). La plupart d’entre eux se sont appliqués à le rédiger en français (avec l’aide de leur professeur … Ils se cachaient quand nous nous approchions !). Puis chaque groupe est finalement passé face à la classe, à la suite d’une jeune fille qui nous a raconté une belle histoire qu’elle tenait de sa famille. Nous avons entendu un grand nombre d’histoires locales (beaucoup plus qu’en Argentine), que nous partagerons dans un autre article, promis !

Quant à la séance de jeudi, nous ne savions pas vraiment comment l’appréhender : le groupe était plus avancé en français, certes, mais aussi plus âgé. Ils avaient jusqu’à 15 ans. Nous avons ainsi eu moins de problème de compréhension, mais il était plus difficile de les intéresser. À 15 ans, on ne pense pas particulièrement aux contes et légendes, non ? Et effectivement, la dynamique était bien différente. Mais là encore, après un bon moment de silence (encore plus long que la veille), tous se sont prêtés au jeu, et ont finalement participé avec entrain.
Nous avions choisi le mythe de la fondation de Rome, pour l’intérêt historique qu’il présente, mais aussi pour la beauté du récit. Nous avons répondu à quelques petites questions, toujours timides, avant qu’ils ne se mettent en groupes et partagent avec nous leurs récits, en français. Nous avons eu 2 versions d’une histoire intitulé « la Croix Verte », et une nouvelle version de la légende du pont de Potosi, que nous avions entendue la veille. C’est très intéressant d’entendre deux groupes raconter la même histoire, car finalement, chacun le restitue de manière personnelle. Là encore, dans un prochain article, nous les diffuserons ici, avec les quelques dessins récoltés : certaines histoires nous ont paru vraiment inédites, tandis que d’autres ressemblent à des récits que nous connaissons. Vous verrez !

À très bientôt, pour les divers récits, et sûrement un compte rendu de la fin de nos pérégrinations en Bolivie (ah oui, là, on est à Cuzco, Pérou !) !

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2 réflexions au sujet de « Intervention 3 : Les deux séances »

  1. Merci pour ces nouveaux comptes rendus toujours aussi intéressants ! Même si ce que vous faites est assez différent du principe des Journées Découvrir l’Antiquité, je pense que les deux équipes gagneraient à discuter pour échanger expériences et « trucs » de méthode : nous sommes en partie confrontés aux mêmes doutes (comment faire parler des groupes plus ou moins grands, comment adapter nos présentations en fonction des catégories d’âges, comment rendre l’activité attrayante et participative sans renoncer au fond…). Je suis content de voir qu’encore une fois vous avez été bien accueillie, et surtout que les séances ont été plus fécondes en récits locaux. Vivement la suite, et, en attendant, bon séjour péruvien !

    • Effectivement, ce serait vraiment interessant ! C’est vrai que nous apprenons au fur et a mesure, et nous avons parfois quelques doutes sur la maniere d’agir. Il me semble que nous ne nous en sortons pas trop mal, les seances se deroulent tres bien, et tous participent. En tout cas, on pourrait essayer de discuter pedagogie, c’est sur.

      Merci pour tes commentaires, ca nous fait toujours plaisir de te lire.

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