Intervention 1 : conclusions

Lors de cette première intervention, plusieurs questions se sont posées à nous, et quelques réflexions sont de rigueur ici.

Tout d’abord, j’avais fini par vraiment douter sur le choix du mythe que nous avions décidé de raconter lors de cette séance. Il est vrai que c’est une très belle histoire, mais si triste. Et plus l’heure de le raconter approchait, plus je me disais qu’elle n’était peut-être pas faite pour des enfants d’une dizaine d’années : la portée du mythe ne me semblait plus si aisément abordable. Mais après réflexion, je me suis rendue compte que nous avions choisi de partager ce récit pour de bonnes raisons, et que, oui, les enfants avaient la maturité nécessaire pour l’apprécier et le comprendre. J’ai tout de même préféré rajouter quelques lignes à la fin du mythe tel qu’Erika l’avait initialement écrit : le mythe se terminait sur « Hélas, l’ombre de la jeune femme n’avait qu’un pied hors du seuil des Enfers : elle se dissout devant lui, comme un rêve au matin, tendant la main pour un dernier adieu. », ce qui me paraissait un peu abrupt ; Il nous a semblé préférable d’exprimer la « moralité » de manière plus explicite, d’où la fin que vous pouvez lire ici.

Et puis une discussion avec Andrew m’a confortée dans l’idée que nous pouvions évoquer avec les enfants des événements « sérieux », comme la mort, la douleur, si présents dans les mythes antiques. Et vu le choix des contes que les enfants ont fait revivre lors de cette séance, Andrew avait raison : nombre d’histoires se terminaient par « et la reine, elle est morte », « et le loup tua la chèvre » … Et celle de Barbe-Bleue n’est pas des plus douces ! Enfin, vous noterez que nous avons préféré omettre la fin tragique de la vie du poète Orphée, démembré vivant par les Ménades en furie, vexées de son désintérêt pour elles, sa tête roulant dans le courant de la rivière, continuant à chanter.

Il est sûr que nous ne choisirons pas ce mythe pour des enfants plus jeunes, pour lesquels nous privilégierons plutôt des récits comme l’histoire de Midas, ou de Dédale, pleins d’aventures extraordinaires ou de rebondissements comiques. Quoique, avouons-le, la descente aux Enfers d’Orphée est épique !

Nous avons eu un problème qui, dans ma tête n’en avait pas vraiment été un (et j’ai un peu honte de l’avouer) avant d’être sur place : comment définir ce qu’est un conte aux enfants ? Quand nous les avons invités à dessiner un conte ou une légende, la plupart des élèves a trouvé un récit qui correspondait à ce que nous attendions rapidement, mais pour quelques uns, ce n’était pas si évident. Et il est vrai qu’en y réfléchissant bien, je me souviens avoir abordé le genre au collège, mais je n’en ai eu une définition satisfaisante qu’en Terminale, lorsque nous étudions les Contes de Perrault pour le bac. Alors, comment l’expliquer aux enfants, avec des termes clairs et adaptés ? Ce qui m’a paru le plus correct était l’idée d’une histoire brève, fantastique ou merveilleuse, dans le genre de celles que leur racontaient leurs parents quand ils étaient plus jeunes ; des histoires de fées, d’ogres, de princesses, d’animaux parlants, … Cela a fini par en inspirer certains, mais comme vous avez pu le voir à travers les dessins, pas encore tous. Ce n’est pas si grave, finalement, car nous étions heureuses de les voir tous participer !

Enfin, il était vraiment intéressant de voir combien cette expérience était évocatrice quant à la personnalité de ces enfants. Nous sommes parties sans aucun a priori, puisque nous ne connaissions pas la classe ; nous ne savions pas qui était timide, qui était extraverti, qui était le premier de la classe, ou le petit caïd … Nous n’avions aucun préjugé, même si nous savons comment se présente une classe : j’ai été (littéralement) sur les bancs de cette école il y a quelques années ! Mais à travers la séance de dessin se sont vite dessinées les différentes personnalités, ce qui s’est confirmé dans la manière dont chacun racontait son histoire. Et ce n’était pas là une question de qui est le meilleur en classe ou le plus bavard, non. Les enfants ont évolué ici comme si le contexte n’était pas scolaire (ce qui était un peu le cas, étant donné notre statut d’intervenant extérieur). Et ceci est le but de cette expérience, finalement : placer les enfants dans un contexte nouveau, où ils peuvent se découvrir autrement, et se présenter aux autres sous un autre jour, ce qu’ils n’auraient peut-être pas pu faire dans le cadre scolaire uniquement. C’est pourquoi j’espère grandement que nous aurons les autorisations pour filmer les séances et les partager avec vous !

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