Intervention 1 : Orphée et Eurydice

Comme promis, le mythe que nous avons raconté aux CM2, écrit par Erika, et illustré par Erika et Janyce. Bientôt, j’espère, la vidéo !

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l était une fois un merveilleux musicien du nom d’ Orphée. Il était le fils du roi de Thrace, Éagre, et de la muse Calliope. Ce fut Apollon, le dieu de la lumière et de la poésie, qui lui fit don d’une lyre en or, tandis que les Muses lui apprirent à en jouer.

Il devint si habile dans son art que tous se taisaient pour l’écouter. Lorsqu’il se promenait dans les bois d’Arcadie en chantant, sa musique était si harmonieuse que l’eau des torrents cessait de couler, les rivières ne murmuraient plus et les bêtes sauvages sortaient de leur cachette, alors que les satyres et les nymphes, enchantés, le suivaient partout en dansant joyeusement. Même les arbres se mettaient à marcher sur leurs longues et puissantes racines pour écouter Orphée, et les oiseaux restaient suspendus en vol, voire tombaient, tant ils étaient fascinés par ses douces mélodies.

Orphée était un homme doux, mais il n’était pas lâche : il avait participé à l’expédition des Argonautes, et grâce à sa lyre, l’équipage du navire avait pu échapper à l’insidieuse beauté des Sirènes, qui attiraient les marins par des chants sublimes, pour les dévorer ensuite … Mais ceci est une autre histoire.

Orphée, donc, était aimé de tous, mais son cœur n’appartenait qu’à un seul être : la nymphe Eurydice, fille de Nérée et de Doride. Leurs noces devaient bientôt être célébrées. Cependant, Orphée avait un rival, Aristée, lui aussi ébloui par la beauté d’Eurydice. Un jour qu’il la vit se promener seule, il lui déclara sa flamme et tenta de la séduire. Eurydice, pour fuir ses avances insistantes, se lança dans une course folle à travers les herbes hautes : pressée par Aristée qui allait l’atteindre, elle ne vit pas qu’une vipère reposait sur son chemin. Le serpent, pour se venger d’avoir eu la queue écrasée, la mordit à la cheville et Eurydice mourut à l’instant.

À la nouvelle de l’incident, Orphée accourut, mais il était déjà trop tard : le corps d’Eurydice gisait sans vie dans ses bras. Alors, fou d’amour et de chagrin, il décida d’aller chercher sa bien-aimée aux Enfers et de la ramener à la vie. Or, jamais un vivant ou un mort n’était sorti du royaume d’Hadès.

Orphée, lyre à la main, s’engouffra dans la grotte noire menant vers le monde souterrain. Il persuada, grâce à sa musique, l’horrible batelier Charon de le transporter sur l’autre rive du fleuve Styx ; il berça Cerbère, monstrueux chien à trois têtes qui gardait jalousement les portes des Enfers, et réussit même à enchanter le juge des morts, tout en traversant la horde d’âmes damnées qui tentaient de le happer.

Il se trouva enfin devant les souverains des Enfers, Hadès et Perséphone : il toucha délicatement sa lyre et entonna un chant si beau, si plein de douleur et de désespoir, que la reine et le roi en furent profondément émus. Les cruelles Érinyes pleurèrent, la roue d’Ixion s’arrêta, Tantale oublia d’avoir soif, Sisyphe s’appuya mollement sur son rocher. Pour la première fois, la pitié avait bouleversé ces lieux lugubres.

Ils acceptèrent ainsi que le musicien ramenât sa bien-aimée à la lumière, mais à une condition : “Tu ne devras en aucun cas te retourner sur le chemin du retour, avant d’être sorti du monde souterrain. Sinon, tu perdras Eurydice à jamais.”

Orphée, la joie au cœur, entreprit son voyage de retour vers la lumière du soleil. Mais un doute le rongeait : était-ce vraiment Eurydice ? Ou une illusion ?

Il aperçut enfin les premiers rayons dorés et n’y tenant plus, frémissant d’impatience, il se retourna pour embrasser son Eurydice. Hélas, l’ombre de la jeune femme n’avait qu’un pied hors du seuil des Enfers : elle se dissout devant lui, comme un rêve au matin, tendant la main pour un dernier adieu.

Ainsi, Orphée comprit malheureusement qu’une ombre ne peut se mêler aux vivants, car trop fragile… néanmoins, il a rendu Eurydice immortelle grâce à ses chants et continue à l’appeler de sa belle voix jusqu’au jour où ils seront à nouveau réunis dans les doux Champs-Élysées.

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2 réflexions au sujet de « Intervention 1 : Orphée et Eurydice »

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