Le Roi Midas

Alors que nous attendons des retours de la Fondation de France, pour les Bourses Déclics Jeunes, du Trophée de la Création, concours organisé par Clairfontaine et l’Etudiant, du concours d’illustration organisé par le Salon du livre de Paris, et que nous préparons nos dossiers pour les bourses Paris Jeunes Aventures, le FSDIE de Paris-Sorbonne, ou le site de dons Ulule … Prenez le temps de découvrir les deux histoires du roi Midas, qui aurait dû réfléchir à deux fois à ses actions ! C’était le mythe que nous avions choisi de présenter à Bard College lors du Symposium en Mai dernier, et qui a remporté un franc succès auprès des enfants.

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Cette histoire se passe en un temps où les dieux côtoyaient les hommes, leur parlaient, les récompensaient ou les punissaient. Et parfois, les dons des dieux étaient plus punitions que récompenses.

Il était une fois, un roi nommé Midas qui gouvernait un pays lointain, riche et puissant. Il vivait dans un palais magnifique, et connaissait le bonheur d’une vie heureuse et confortable. Pourtant, il n’était jamais satisfait, et désirait toujours plus. Et un jour, il put satisfaire ce désir.

Alors qu’il se promenait dans les jardins somptueux de son palais, quelle ne fut pas sa surprise de trouver un homme endormi au milieu des parterres de roses. Et celle-ci ne fit qu’augmenter lorsqu’il se rendit compte que cet homme avait des pattes de chèvre en guise de jambes, et une paire de cornes sur la tête. C’était un Satyre, un des compagnon du dieu du vin, Dionysos ! Et pas n’importe quel Satyre : c’était Silène, le précepteur de Dionysos lui-même. Midas le réveilla donc, et lui demanda ce qui lui était arrivé. Le Satyre expliqua alors au roi pourquoi il se trouvait là, à dormir dans les rosiers : il s’était perdu, séparé de ses compagnons de fête et de Dionysos et, ne parvenant pas à les retrouver, il s’était finalement endormi dans les jardins de Midas. Celui-ci décida d’aider le Satyre et rapidement, trouva un moyen de ramener Silène à ses compagnons de voyage.

Dionysos fut si heureux de retrouver Silène, qui s’était si bien occupé de lui quand il était enfant, qu’il décida d’accorder un vœu au roi Midas. « Dis-moi ce que tu souhaites, lui déclara-t-il, et tu le possèderas. Je t’en donne ma parole. »

Midas réfléchit longtemps. Il possédait déjà un très grand pouvoir, un superbe palais, des centaines de serviteurs, des montagnes d’or, mais ce n’était pas assez. Il en voulait toujours plus, plus, plus ! Comment un seul vœu pourrait-il lui apporter tout ce qu’il désire ?

« Je sais ce que je veux, annonça-t-il enfin au dieu. Fais en sorte que tout ce que je touche se transforme en or. »

Et Dionysos, fidèle à sa parole divine, lui accorda ce qu’il désirait.

Alors Midas retourna dans son palais à toute vitesse, croyant à peine à la chance qui venait de lui sourire. Dès qu’il arriva dans son jardin, il cassa une branche de l’arbre le plus proche. Et celle-ci devint d’or. Il se pencha pour ramasser une poignée de cailloux. Et ceux-ci prirent la couleur brillante du métal précieux. Il envoya même chercher le trésorier royal pour avoir la confirmation que le dieu ne l’avait pas trompé. Et oui, la branche, les cailloux était maintenant de l’or pur !

Midas ne se tenait plus de joie : il courait en tous sens, touchant les fleurs, les arbres, les rochers, les buissons … Tout se transformait en or. Et il pensait, je dois être l’homme le plus chanceux sur terre ! L’homme le plus heureux ! Je vais être plus riche que tous les rois du monde réunis ! À force de courir, il finit par avoir faim, et décida donc de passer à table. Mais lorsqu’on lui servit son déjeuner, Midas comprit que quelque chose d’imprévu allait ternir sa joie. Dès qu’un morceau de pain touchait ses lèvres, celui-ci se transformait en or. Dès qu’il voulait boire une gorgée de vin, celui-ci devenait immédiatement solide et brillant. Rien n’y faisait : toute la nourriture, toutes les boissons se métamorphosaient. Midas ne pouvait ni manger, ni boire.

Ce don du dieu n’était qu’une malédiction ! Et en y pensant, il se rendit compte qu’il ne pourrait plus jouer avec ses enfants, ou embrasser la reine, sous peine de les transformer en statues d’or. Mais comment avait-il pu être aussi fou ? Cette pensée le fit pleurer, et les larmes qui coulaient de ses yeux devenaient des gouttes d’or au contact de ses joues.

Le roi avait honte de sa cupidité, et au cours de la nuit, allongé sur son lit dur et froid (ses draps et son oreiller s’étaient transformés en or aussitôt qu’il s’était couché), il adressa une prière à Dionysos : « Je t’en prie, Dionysos, reprends ce présent, fais disparaître cette malédiction ! Je te promets de ne plus jamais agir de cette façon. Maintenant, j’ai compris que tout l’or du monde ne peut me rendre heureux. »

Alors, cette nuit-là, le dieu du vin apparut en songe à Midas. Il lui dit d’aller se baigner dans la rivière Pactole, non loin du palais. Le roi ne se le fit pas dire deux fois, et dès son réveil, il alla plonger dans la rivière. Aussitôt, son don se dissipa dans les eaux du Pactole, encore aujourd’hui riches en or. Midas s’en retourna ensuite à son palais, sans un regard pour la rivière regorgeant de trésors. Il s’était enfin débarrassé de ce terrible pouvoir.

Midas tira une bonne leçon de cette aventure, et en sortit un peu plus sage. Mais une autre épreuve l’attendait, là encore causée par son manque de réflexion.

Quelques temps après cet épisode, le roi Midas fut désigné pour être juge dans un concours de musique. Mais ce n’était pas une épreuve ordinaire : les deux concurrents étaient Marsyas, un autre Satyre, et Apollon, le dieu de la musique en personne. Le Satyre, faisant preuve d’une arrogance folle, se vantait d’être meilleur musicien que le dieu de la musique lui-même. Et bien évidemment, Apollon s’en trouva offensé. C’est pourquoi il décida d’affronter l’impudent lors d’un concours, afin de prouver une bonne fois pour toutes lequel des deux pouvait prétendre à la première place. Auparavant, chacun avait le droit de désigner un juge :Apollon fit appel à Tmolus, un dieu mineur des montagnes. Et Marsyas choisit Midas, qu’il savait être un grand ami des Satyres.

Alors le concours commença. Le dieu fit résonner les cordes de sa lyre, cet instrument semblable à une harpe, et le Satyre joua de sa flûte de Pan. Bien sûr, Tmolus vota pour Apollon. Mais Midas, inconscient, préféra l’art du Satyre.

La rage s’empara du dieu. Comment ce mortel pouvait-il oser préférer l’art d’une telle créature à celui du dieu de la musique lui-même ? « Midas, tonna-t-il, tu n’y connais rien ! Puisque c’est ainsi, que des oreilles d’âne te poussent sur le crâne ! »

Et les oreilles de Midas se mirent à pousser et à se couvrir de poils, semblables à celles d’un âne.

Le roi était bien embarrassé, et avait très honte de ses oreilles d’âne. Comment allait-il faire pour apparaître en public ? Il était roi, qu’allait dire ses sujets ? Les rois des autres pays ? Plus personne ne le prendrait au sérieux maintenant. Il parvint à revenir dans son palais sans être vu, et à partir de ce jour, il ne sortit plus jamais de sa chambre sans porter un large turban. Et tous se demandaient pourquoi il gardait ce couvre-chef étrange sur la tête.

Personne ne connaissait son secret, sauf un homme. Oreilles d’âne ou pas, Midas n’en était pas moins un homme, et comme tout homme, il fallait bien qu’il se coupe les cheveux ! Il attendit aussi longtemps qu’il le put, mais un jour, il n’eut plus le choix. Il fit appeler le barbier royal, et, dès qu’il se fut assuré qu’ils étaient bien seuls, Midas ôta son turban. Quelle ne fut pas la surprise du barbier ! Mais le roi lui fit promettre de ne jamais révéler son secret à quiconque, ou il le ferait exiler, ou même tuer. Le barbier jura qu’il ne dirait rien.

Mais ce secret était bien trop grand pour un seul homme. Rapidement, le barbier n’en put plus. Il fallait qu’il le dise à quelqu’un ! Mais il ne voulait pas être chassé loin de sa famille, ou pire. Alors, afin de soulager sa conscience sans trahir la confiance du roi, il se rendit dans un champ, creusa un petit trou dans la boue, et murmura à la terre elle-même : « Notre roi Midas a des oreilles d’âne. »

Le temps passait, et les joncs poussaient à l’endroit où le barbier avait enterré le secret du roi. Et quand le vent soufflait dans les herbes, on pouvait les entendre soupirer. Imaginez donc l’étonnement de Midas le jour où il entendit les joncs agités par la brise murmurer ces mots : « Notre roi Midas a des oreilles d’âne … Notre roi Midas a des oreilles d’âne … »

Traduction de l’anglais du récit écrit par Andrew pour le Symposium, illustrations de Janyce.

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A très bientôt pour de nouvelles informations !

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